Jusqu’ici, personne n’est resté indifférent aux dunes blanches de Fiambalá, dont le sable a par exemple planté les motards par dizaines lors de leur première visite, et qui a également été fatal aux espoirs de victoire de Carlos Sainz à deux reprises, en 2009 et en 2011. Cette année, le parcours a été dédoublé pour offrir un confort de conduite optimal à tous les véhicules. A moto, les contretemps viendront plus sûrement des erreurs de navigation que des difficultés de franchissement. Ils devraient aussi connaître quelques frissons en roulant sur une étroite piste à flanc de montagne, avant d’aborder le secteur de dunes. Totalement différent, le parcours réservé aux autos et camions emmènera plus longuement les pilotes dans le sable.

« Comme des poissons dans l’eau ! »

C’est aujourd’hui que le Dakar est entré dans sa phase la plus intense et si les étapes restantes alterneront entre grosses difficultés et passages plus roulants, il n’en reste pas moins que le sable des dunes de Fiambala, a aujourd’hui marqué la fin des espoirs de certains et permis aux spécialistes du genre, de se mettre en valeur.

Après une longue liaison, entre Chilecito et Fiambala, les concurrents ont pu prendre le départ d’une spéciale légèrement raccourcie ; Après les intempéries de ces derniers jours, les 24 premiers kilomètres de course ont été supprimés, permettant ainsi à Ronan Chabot et son copilote, Gilles Pillot, de se lancer rapidement dans une section de près de 70 Km de sable, en hors piste, mais aussi d’attaquer les dunes:

« La journée a débuté par un peu de fesh-fesh, avant que nous attaquions une immense dune, qui culminait à 2600 m d’altitude. Sur ce genre d’obstacle, on arrive lancé et plus on monte, plus il faut descendre les rapports, pour conserver du couple et de la vitesse. Après cette première difficulté, nous avons enchaîné par un très joli cordon de dunes, au sable très blanc. Sur une trentaine de kilomètres, j’ai pris énormément de plaisir au volant du Buggy. Nous étions comme des poissons dans l’eau ! La fin de spéciale était pleine de fesh-fesh et donc de poussière, mais nous étions bien dans le rythme et notre 18e temps, sur cette spéciale, en est la preuve. Les températures moins élevées et le fait que les motos n’aient pas emprunté le même parcours que nous, a sans doute rendu cette spéciale un peu moins difficile que les années précédentes. »

Le premier tiers de ce Dakar 2012 est désormais franchi et les concurrents poursuivront leur route, demain, au Chili, non sans avoir traversé, en liaison, la Cordillère des Andes, à plus de 4 700 m d’altitude.

« C’est un passage fantastique et comme il s’effectue en liaison, nous prenons toujours le temps de nous arrêter prendre quelques photos. Les paysages alternent entre glaciers et lacs turquoises bordés de sel très blanc. On se croirait dans une peinture ! Après ce premier tiers de course, je suis très satisfait, car hormis notre petite sortie de piste, hier, tout s’est idéalement déroulé. L’auto est comme neuve et c’est ce qui m’importait le plus, avant le départ. Le plus gros du rallye arrive et nous sommes bien armés pour l’affronter! »

Epaulé comme il se doit par son ami de toujours, Gilles Pillot, Ronan Chabot tenait hier à saluer le travail des copilotes. L’altercation violente entre un autre concurrent du Dakar et son copilote, ayant conduit à l’abandon de l’équipage, choquait Ronan Chabot :

« Ce qui est arrivé à ce concurrent Argentin est un juste retour de bâton. Il n’a pas respecté son copilote, qui a claqué la porte. Tant pis pour lui. Il n’y a pas de course réussie sans que le binôme pilote-copilote fonctionne parfaitement bien. Gilles et moi, sommes indissociables et je ne pourrais pas me lâcher dans une spéciale sans avoir pleinement confiance en lui et dans les notes qu’il me lance. »