Les plus à l’aise pourront s’amuser à compter les rivières asséchées qu’ils croiseront dans cette journée. Ils auront aussi le loisir d’admirer les canyons spectaculaires de la province de la Rioja, mais ont tout intérêt à rester extrêmement vigilants. Sur la spéciale, personne ne pourra s’installer dans un rythme de croisière. Qu’il s’agisse de subtilités de navigation en fin de parcours ou de petits obstacles à amadouer, les occasions de perdre du temps sont ici nombreuses. Il est probable qu’une fois à Chilecito, un ou deux prétendants soient déjà éliminés de la bataille pour le titre.

J’ai dépassé une centaine de concurrents !

La remontée infernale de l’Argentine, dans les contreforts de la Cordillère des Andes, s’est poursuivie, aujourd’hui pour Ronan Chabot et Gilles Pillot. Une étape qui conservait la plus part des caractéristiques techniques de la veille et à laquelle, venait s’ajouter quelques passages de navigation en hors piste, en milieu et fin d’étape. Autre difficulté de cette quatrième étape, la boue ! Après les pluies diluviennes de ces derniers jours, sur cette province de la Rioja, certaines zones se sont transformées en véritables champs de boue.

Pourtant, après un passage à plus de 3400 mètres d’altitude, durant la première partie de spéciale, les concurrents ont eu l’occasion de traverser de nombreuses rivières asséchées et de croiser un nombre incalculables de pierres, en bord de piste, toutes plus menaçantes les unes que les autres. Une spéciale qui débutait mal pour l’équipage 316, victime d’une sortie de piste, dans un virage. Sans gravité, heureusement, cet incident faisait perdre de précieuses minutes à Ronan Chabot :

« Disons que si on bénéficiait d’un joker, on vient de le griller ! Nous avons commis une erreur d’appréciation, au kilomètre 26, sur une note annoncée dangereuse. Nous étions en montagne, sur une route étroite, et nous avons manqué un virage. Nous avons tiré tout droit, dans un fossé qui se trouvait en contre bas. Heureusement nous n’allions pas très vite, mais la voiture s’est retrouvée bloquée contre un talus et nous avons dû attendre nos anges gardiens, Christophe Girard et Eric Simonin, une quarantaine de minutes. Ils ont été très efficaces pour nous tirer de cet endroit bien encaissé. Par chance, la voiture était intacte et j’ai ensuite pu entamer une grosse remontée dans le peloton, puisque j’ai dépassé une centaine de concurrents ! »

En attaquant, demain, la spéciale entre Chilecito et Fiambala, Ronan Chabot aura franchi le premier tiers de ce Dakar 2012 et entrera dans la partie de course qu’il savoure par dessus tout : Les Dunes. Fiambala : Un nom qui résonne pour beaucoup de concurrents comme le début des grosses difficultés, avec hors piste et franchissements d’ergs d’un sable aussi blanc que piégeux.

« Nous sommes revanchard, car un Dakar n’est jamais perdu, tant qu’on a pas franchi la ligne d’arrivée. Nous ne sommes qu’au début du rallye et pour moi, il ne commence vraiment que demain. Nous devrions être reclassé, en tant qu’équipage prioritaire, et cela devrait nous permettre de ne pas trop perdre de temps, à remonter des concurrents, sur la piste, demain. La spéciale vers Fiambala s’annonce particulièrement copieuse. On ne passe jamais, d’une année sur l’autre, au même endroit, mais c’est toujours une journée copieuse. On va retrouver un sable très blanc qui ressort beaucoup sur cette roche volcanique noire. Il y aura de la navigation et beaucoup de fesh-fesh au programme. Autant dire qu’il va falloir se retrousser les manches. Tant mieux ! »