La Cordillère des Andes, omniprésente tout au long du Dakar 2012, impose ses contraintes aux pilotes. Sur la spéciale du jour, les traversées de rios et les nombreux trous et pierres qu’ils devront éviter rendent le terrain particulièrement cassant. La robustesse des mécaniques sera mise à rude épreuve en cas de baisse de vigilance. Mais l’altitude et les reliefs offrent à la fois des paysages somptueux, avec toutes les nuances possibles de rouge, et de petits défis acrobatiques, comme une sévère montée que les motards termineront à coup sûr en première.
« Attention, pierres ! »

Troisième journée de course et troisième province d’Argentine visitée par les concurrents du Dakar. Après avoir quitté les côtes Atlantique, en visant plein Ouest, vers les régions plus désertiques du pays, Ronan Chabot et son copilote Gilles Pillot entamaient, aujourd’hui, leur remontée en direction de San Juan. Cap au Nord donc, avec pour toile de fond la Cordillère des Andes. Au-delà des paysages à couper le souffle, la chaîne montagneuse offrait aux pilotes quelques passages en altitude, notamment marqués par le franchissement de deux sommets à 3000 puis 2800 mètres.

Après avoir goûté hier, avec beaucoup de réussite, aux dunes de Nihuil, Ronan Chabot voyait le sable temporairement mis à l’écart, lors de cette 3ème journée de course, et laisser place à une zone d’évolution particulièrement cassante. Pas étonnant donc, de voir apparaître sur le road-book de Gilles Pillot, remis par l’organisateur, lors du traditionnel briefing, hier soir, au bivouac, de nombreuses annotations ‘’Attention pierres !’’. Le rythme très rapide adopté depuis le début du rallye devait, par conséquence, laisser place, aujourd’hui, à une vigilance de tous les instants et à une surveillance permanente des bords de pistes. Ayant goûté, à plusieurs reprises, au Dakar en Afrique, Ronan Chabot ne manquait pas de retrouver dans cette spéciale, reliant San Rafael et San Juan, des accents marocains:

« On s’y serait cru au Maroc, confirme Ronan Chabot. Quand on lève les yeux autour de nous, ce sont les mêmes paysages, les mêmes couleurs de roches et on retrouve les mêmes oueds. C’est assez bluffant ! Sur le plan sportif, c’est typiquement le type de spéciale qui n’est pas faite pour notre Buggy, qui lui est beaucoup plus à l’aise dans les grands espaces. Aujourd’hui, nous avons principalement évolué dans de la caillasse, en altitude et sur des pistes vraiment peu larges. Je suis même surpris par notre bon classement, car on aurait pu perdre pas mal de temps, face aux autos plus agiles, sur ce type de terrain. Tenter de gagner trois minutes, à tous prix, aurait pu nous en faire perdre le double, alors j’aurais signé sans hésiter pour ce résultat, en quittant le bivouac, ce matin. Nous restons 15e du classement général, tout va bien ! »

Demain, la spéciale ressemblera à celle disputée aujourd’hui et nécessitera, une nouvelle fois, toute la patience de Ronan Chabot, avant de retrouver un terrain d’expression plus propice :

« Nous ne pouvons rien attendre d’extraordinaire lors de ces deux jours et le mieux reste encore de laisser couler ! Il faut accepter la diversité des terrains sur le Dakar. A partir de jeudi, nous rentrerons dans les grosses spéciales du rallye, où nous partirons tôt le matin et nous rentrerons tard le soir. Le terrain sera bien plus propice à notre auto et je suis certain que nous pourrons y signer de belles choses. A nous de bien préserver la mécanique demain, ce qui nous permettra de nous lâcher par la suite ! »