Compte tenu de l’aggravation continuelle des conditions météo sur la Cordillère des Andes (pluie et neige), les autorités chiliennes ont été contraintes de fermer pour ce soir la frontière au Paso de San Francisco qui culmine à 4700 mètres d’altitude.

Pour la 7ème fois, le Dakar s’apprête à franchir la Cordillère des Andes, et tenant compte des conditions très défavorables, ajoutées à la dégradation du parcours battu ces dernières heures par la pluie et la neige, dans le souci de garantir la sécurité des concurrents et des accompagnateurs du rallye, les organisateurs ont décidé de faire passer en convoi l’ensemble des véhicules demain.

« On se serait cru aux sports d’hiver ! »

Il y a tout juste 24h, qui aurait cru que la neige viendrait perturber le bon déroulement du Dakar, alors que les concurrents traversaient les dunes de Fiambala, sous un soleil de plomb. C’est pourtant à cause de la pluie et de la neige, tombées en masse sur la Cordillère des Andes, que les organisateurs ont été contraints de neutraliser l’étape du jour, afin de sécuriser le passage de la caravane vers le Chili, à travers les Andes et à plus de 4 700 m d’altitude. C’est donc en convoi que Ronan Chabot et Gilles Pillot ont rejoint le bivouac de Copiapo, non sans s’être arrêtés pour immortaliser leur passage de l’Argentine au Chili.

« On aurait quand même préféré que la spéciale ait lieu, car cette annulation d’étape casse un peu le rythme général du rallye. Maintenant, la décision de l’organisation est tout à fait légitime, au vue de la quantité de neige qu’on a croisé, ce matin, dans la Cordillère. Cette étape, qui s’est donc transformée en longue liaison, a été compensée par la beauté des paysages. On a pu observer des endroits magnifiques, dont on ne se lasse pas. La variété des couleurs était aussi très impressionnante : Du jaune, du rouge, du turquoise et évidemment, le blanc immaculé de la neige ! On se serait cru aux sports d’hiver ! Une fois arrivés à Copiapo, nous avons pu mesurer la ferveur populaire, car la ville s’est mise aux couleurs du Dakar et maintenant, je suis entrain d’observer un magnifique coucher de soleil, sur les dunes de Copiapo, qui nous attendent demain. »

La septième étape du Dakar s’annonce en effet particulièrement redoutable. Une boucle autour de Copiapo où d’immenses dunes attendent de piéger les aventuriers de janvier :

« Demain ce sera le lâché de fauves, car tout le monde a très envie d’en découdre dans le sable, moi le premier. C’est une journée qui va nous coûter beaucoup d’énergie, car les cordons de dunes sont nombreux et il fera très chaud. Il va falloir rester extrêmement concentré pour parvenir à lire au mieux les paysages, conserver les bons caps et les bonnes passes. On sait que nous aurons l’occasion de faire une belle journée, avec le Buggy, mais tout peut arriver. Même si nous sommes déjà venu à Copiapo, il ne faut pas oublier que l’on ne passe jamais au même endroit et que les pièges peuvent se cacher derrière chaque dune. »

De + 40 degre Celsius a -5 degre Celsius

Vidéo exceptionnelle de Ronan Chabot et Gilles Pillot tout en haut de la Cordillère des Andes! L’étape du jour a été annulée, et le Team SMG 316 a donc pu prendre le temps de traverser cette magnifique frontière qui les séparait du Chili!

 

Le Mot d’Etienne Lavigne
Opération Guillaumet

« Ce que nous vivons aujourd’hui, c’est une péripétie qui pose problème sur le plan sportif, qui contrarie les pilotes et équipages du rallye. Mais cet événement fait aussi partie de la vie du Dakar. L’épreuve est quelquefois confrontée, comme ses concurrents, à des situations extrêmes. Et en tant qu’organisateurs, nous devons faire preuve d’une énorme capacité d’adaptation pour les appréhender. Des galères d’organisation, le Dakar en a collectionné un paquet. Nous avons même pris l’habitude de les nommer. J’ai connu « Dernier métro pour Tombouctou », « Reine de Saba », mais c’est la première fois que le Dakar est bloqué par la neige. Nous pourrons baptiser le dispositif que nous metons en place « Opération Guillaumet », en hommage à l’aviateur qui avait survécu à un crash dans les Andes, après avoir marché seul dans la montagne durant cinq jours »