Seul un vol au-dessus de la région permet d’admirer les «lineas de Nazca», énigmatiques figures construites sur le sol il y a plus de 2000 ans! Sur la carte du Pérou, le parcours de la spéciale en forme une nouvelle, aux allures de dragon de sable. Les zones de dunes sont équitablement réparties, mais les concurrents se rappelleront à coup sûr de l’une d’entre elles, qui a marqué les esprits au sein de l’équipe des « recos ». Pendant près de vingt kilomètres, et sans la moindre interruption, les dunes s’enchaînent, transportant les pilotes dans une nouvelle dimension. La portance du sable aide à traverser ce cordon sans trop de peine, mais les plus habiles en franchissement auront tout de même un coup à jouer, spécialement à trois jours de l’arrivée finale. Le « coup de volant mauritanien », pour ceux qui l’ont conservé, peut rapporter de précieuses minutes.

C’était de la folie !

On savait le duo Ronan Chabot – Gilles Pillot très performant, mais aujourd’hui, entre Arequipa et Nasca, au Pérou, ils ont été époustouflants d’efficacité ! En signant le huitième temps du jour, dans la plus difficile des spéciales de ce Dakar 2012, l’équipage du Buggy SMG N°316 a marqué un grand coup dans cette épreuve, et forcé l’admiration du bivouac. Plus que jamais leader du classement des deux roues motrices, l’équipage Toy Motors doit désormais gérer au mieux la dernière grosse étape de demain, qui mènera les concurrents à Pisco, avant l’ultime et courte spéciale de dimanche qui elle, logiquement, n’aura plus d’influence sur le classement. Éreintés mais débordants de joie, à leur arrivée à Nasca, Ronan Chabot et son copilote Gilles Pillot, livraient, à cœur ouvert, les émotions vécues dans cette journée qui restera inoubliable :

Ronan Chabot :

« Depuis la présentation de ce Dakar 2012, on ne cessait de nous parler de cette journée et de ses grosses dunes. Et bien, je confirme : Elles étaient bien au rendez vous ! Nous aussi, quelque part, puisque nous savions que ce serait un terrain de jeu idéal pour notre buggy. Rendez-vous compte, on réalise le 8e meilleur temps du jour, au milieu des voitures d’usine ! On a surfer les dunes… C’était de la folie ! Quand on a ramarrer les Mini officielles, on s’est dit que c’était bon signe, surtout que nous n’avions pas forcé lors des premiers kilomètres de spéciale, au bord du Pacifique. Par contre, quand on a enquillé les dunes, c’est devenu magique ! Ce sont trente kilomètres de dunes indescriptibles, que jamais je n’oublierai ; Par moment la voiture grimpait à la verticale ! les difficultés étaient grandes et il fallait oser attaquer. Avec Gilles, on a pris un plaisir fantastique ! Demain, sera la dernière grosse journée de ce rallye, mais nous n’avons pas de pression particulière à nous mettre. Nous sommes toujours en tête du classement deux roues motrices, avec une avance confortable. A nous de bien la gérer.»

Gilles Pillot :

« On a passé une journée fabuleuse ! Il fallait être très vigilant sur cette spéciale, car les pièges y étaient encore nombreux. On s’est fait ramarrer par quelques voitures, en début de spéciale, mais nous nous y attendions car, volontairement, nous avions choisi des pressions de pneus basses, dans l’optique des dunes. On savait qu’on les rattraperait dans le ‘’bac à sable’’ ! C’est exactement ce qui s’est passé et malgré quelques camions qui naviguaient autour de nous dans les premiers cordons de dunes, nous nous en sommes bien sortis. A l’arrivée de la spéciale, je pensais bien que nous étions dans les dix premiers, mais réussir à faire le 8e temps, à dix minutes de Stéphane Peterhansel, c’est fantastique ! C’est très plaisant pour moi d’être installé dans le siège de droite, car avec Ronan nous formons un binôme très solide. Il est très attentif aux indications que je lui donne et il me fais confiance. Que demander de plus ! »