Au lendemain d’une journée délicate, passée dans la poussière des camions, le duo s’est offert une étape de haut vol, conclue à la 15ème place. 

Tout va vite sur le Dakar, trop vite. Les journées semblent fuser entre les fraîches matinées et le soleil qui se couche sur le bivouac peu avant 18 heures. Pour les équipages aussi, malgré les kilomètres parcourus, tout s’enchaîne. Il y avait 414 km de spéciale à parcourir aujourd’hui au fil d’une longue boucle autour de Neom. Départ et arrivée au même endroit, donc, mais nouveaux paysages, plus à l’est que la veille, et nouvelles raisons de se réjouir.

« Une journée comme on les aime » 

« Le ciel était bleu roi, on a traversé de grandes vallées sablonneuses, du sable ocre avant d’admirer de grands canyons, souligne Ronan Chabot. C’était magnifique ! » Dans ce décor, d’abord réminiscence des Dakar africains avant d’évoquer les canyons du nord-ouest américain, Ronan et Gilles ont fait tout, sauf de la figuration.

Le pilote raconte : « nous sommes partis 22e et on finit 15e. Gilles ne s’est pas ennuyé en matière de navigation ! On a roulé fort même si on termine sans roue de secours. ».

Cette belle prestation leur permet de figurer à la 16e place au général – à 1h24’40’’ du leader, Carlos Sainz – et d’être bien positionnés pour viser le « top 10 » d’ici la fin du Dakar. 

Au-delà du résultat, Ronan insiste sur le « plaisir de conduite » durant cette 3e étape, sans la poussière qui obstruait la piste comme hier. « Enfin, le Dakar est lancé, s’exclame-t-il. Hier, c’était la punition. Là, on est à notre place ! » Et ça se voit sur leurs visages à l’arrivée au bivouac, marqués par de larges sourires. « C’était une journée comme on les aime sur le Dakar », conclut-il, le regard déjà tourné vers la prochaine étape. 

L’ŒIL de Gilles Pillot

« Aujourd’hui, c’était magnifique!  Il y avait 414 km de spéciale mais on n’a pas trouvé le temps long. C’était très rythmé, avec beaucoup de navigation et des notes très rapprochées. En début d’étape, on a eu un problème de capteurs de boite mais je me suis débrouillé autrement. On a vite pris  un « rythme Dakar », comme à notre habitude, et nous sommes très contents du résultat. » 

L’ŒIL DE Jean-Marc Fortin, team manager de Toyota Overdrive

« Hier, Ronan et Gilles ont dû manœuvrer derrière huit camions, ce qui est tout sauf évident, surtout avec la poussière et la difficulté de dépasser. Ils ont réussi à limiter les dégâts et, surtout, à repartir de l’avant. Désormais, ils sont en bonne position, dans les temps de ce qu’ils ont l’habitude de faire. Ils sauront bien se positionner avant la journée de repos pour entamer une remontée au général en deuxième semaine. Ils sont dans les temps et l’équipage comme la mécanique vont bien. Tous les voyants sont au vert ! » 

AU PROGRAMME DEMAIN

Neom – Al Ula / 453 km de spéciale

Après trois jours à remonter vers le nord du pays en longeant la Mer Rouge, le Dakar se déplace désormais vers l’est. Les concurrents mettront le cap sur Al Ula, l’une des merveilles archéologiques du pays – l’équivalent saoudien du site de Petra en Jordanie – que le Royaume souhaite faire découvrir au monde. Mais avant d’y parvenir, 453 km de spéciale attendent les concurrents (676 km au total) avec une alternance de zones sablonneuses et de portions empierrées. Le « roadbook » s’annonce lui aussi particulièrement exigeant, dans la droite ligne des deux premières étapes. La vigilance sera donc de mise !