Obligés à faire la route derrière les camions une grande partie de l’étape, le duo Chabot-Pillot n’est pas parvenu à exprimer tout le potentiel de leur voiture. Mais ce n’est que partie remise !

Premier réveil sur le bivouac, ce lundi matin à Al Wajh. La température était fraîche mais les pilotes sont rôdés et prêts à endurer bien pire. C’est un ballet surréaliste au milieu de nulle part. Il fallait déjà repartir, rejoindre la seconde spéciale de ce Dakar et découvrir à nouveau des paysages à couper le souffle : zones caillouteuses, canyons et tapis sablonneux, en remontant un peu plus vers le nord, en longeant les rives de la mer rouge. « On continue notre découverte du pays et du désert, c’est impressionnant », souligne Ronan Chabot.

« On sait que l’on peut faire mieux »

Sur la piste en revanche, il a fallu batailler, surtout pour le duo. La faute à un ordre de départ particulièrement délicat (à la 28e place), derrière certaines voitures et, surtout, derrière huit camions de course. Avec l’absence de vent, la difficulté de dépasser, il a longtemps fallu se contenter de rester derrière l’énorme mur de poussière et de cailloux soulevés par les autres mastodontes mécaniques. « Avec le fesh-fesh, les cailloux, c’était quasiment impossible de dépasser, assure Ronan Chabot. On a essayé de se rapprocher mais à deux reprises, on a pris une pierre et on a crevé. C’était une vraie journée de galères au Dakar ! »

La frustration était là, tenace, d’autant que Gilles Pillot, lui, se montre particulièrement à l’aise avec le roadbook « new look » voulu par David Castera. Il l’a d’ailleurs démontré dans les derniers kilomètres, où ses choix se sont avérés payants pour enfin permettre à son pilote de s’exprimer. À la vue du classement, Ronan Chabot et Gilles Pillot pointent à la 21e place au général.

« Vu nos difficultés, je pensais qu’on avait perdu plus d’une heure, or nous accusons seulement 40 minutes de retard », ajoute Ronan Chabot. La motivation pour faire mieux, dès demain, est tenace : « on sait que l’on peut faire mieux, c’est l’essentiel ». D’autant que tous les voyants sont au vert : la mécanique a été préservée, la navigation est rodée et les deux hommes, ont l’envie farouche d’oublier vite cette journée pour tout donner, dès demain.

L’ŒIL DE… GILLES PILLOT

« Malheureusement, on a vu dès hier que des concurrents avaient été reclassés et allaient démarrer la spéciale devant nous, notamment des camions. Sur des traces où il est difficile de doubler, sans vent, on a vite été confronté à la poussière des camions. Dès qu’on se rapprochait de l’un deux, on crevait. Ensuite, nous avons adapté notre rythme avant de prendre enfin le large en fin d’étape. Ce n’est pas une bonne journée, c’est évident. Heureusement, il y en aura d’autres ! »

AU PROGRAMME DEMAIN – Neom – Neom

Les concurrents vont encore en prendre plein la vue ce mardi. Au programme : une longue boucle autour de la future cité de Neom. Ils mettront d’abord le cap vers le nord, aux confins de la frontière jordanienne, pour découvrir des canyons, des montagnes et de longues zones sablonneuses. Le Dakar y trouvera son point culminant – à 1400 mètres d’altitude – et un nouveau terrain de jeu propice aux belles bagarres. Si la spéciale sera très longue (404 km), il y aura relativement peu de liaison (77 km). Vivement demain !