Sur des pistes caillouteuses et particulièrement difficiles à manœuvrer, le duo signe une 13ème place, se rapproche du « top 10 » au général et savoure un début de Dakar réussi.  

Il y a des sourires malgré la fatigue et les éléments qui creusent les cernes et façonnent les visages. La scène se passe au stand d’Overdrive, alors que la lumière du soleil est déjà déclinante. Fernando Alonso, est assailli par les questions des journalistes. À quelques mètres de là, Ronan Chabot et Gilles Pillot arrivés devant Alonso, se restaurent sous une tente et récupèrent après avoir parcouru 453 km de spéciale. « Bravo les gars, encore une très belle journée », félicite Jean-Marc Fortin, le patron d’Overdrive.

Des sourires, encore. « Vous êtes les seuls du Team avec Nasser (Al-Attiyah), tenant du titre, à ne pas avoir crevé. »

« À la fin, on a roulé plein gaz »

Ronan Chabot, encore marqué par les stigmates de l’effort, refait le fil de cette 4ème étape entre Neom et Al Ula, alors que le Dakar entame une longue descente vers le sud-ouest de l’Arabie Saoudite. « La journée ne s’annonçait pas particulièrement bonne parce qu’on nous annonçait beaucoup de cailloux. J’ai mis un peu de temps à rentrer dans le bain en début d’étape et puis on a attaqué. Nous avons notamment beaucoup roulé avec la Peugeot de Pierre Lachaume. Ensuite, on a roulé plein gaz jusqu’à la fin ! »

Il fallait une bonne dose de concentration pour tenir tout au long de cette longue spéciale. «  Nous avons traversé de grands canyons sur le parcours. Mais on n’a pas vraiment eu le temps d’en profiter, poursuit le pilote. Il y avait beaucoup de petits virages et comme attendu beaucoup de zones rocailleuses, peu de secteurs très rapides ». En fin de journée, la fatigue s’installe chez les concurrents. C’est là que Ronan et Gilles ont pris l’avantage sur les concurrents directs, conscients comme tous les jours que « ça se joue surtout sur des qualités d’endurance ».

Le bilan comptable est tout aussi satisfaisant : les deux hommes terminent 12ème de l’étape (à 24 min 33 sec du vainqueur, le français Stéphane Peterhansel). Au classement général, ils se rapprochent progressivement du « top 10 » au 13e rang, à 1 h 41 min de l’Espagnol Carlos Sainz qui mène les débats. « On ne force pas et on est à une bonne place. Progressivement, le Dakar avance ». Il restait encore à réviser la voiture avec l’équipe de mécaniciens avant de pouvoir profiter enfin d’un repos bien mérité. Demain, place à la 5ème étape avec encore 353 km de spéciale à avaler.

L’ŒIL DE… Gilles Pillot, copilote

« Ce matin, on est parti sur un rythme tranquille. Au début, la spéciale était typée WRC (le championnat du monde des rallyes NDRL) avec des grandes courbes rapides. À la fin, c’était vraiment du rallye-raid. Là, on a suivi le groupe. À l’issue de la dernière neutralisation, il restait 170 km de spéciale avec beaucoup de navigation, parfois difficile sur des plateaux rocailleux. On est parti et on a réussi à faire notre bon résultat sur cette dernière portion. Quand on a réussi à trouver le bon rythme, on arrive toujours à le maintenir jusqu’au bout et c’est ce qui nous permet de faire la différence. »

AU PROGRAMME DEMAIN – Al Ula – Ha’il

À trois étapes de la journée de repos, les concurrents continuent leur exploration de l’Arabie Saoudite en descendant vers le sud du pays. La journée, avec 353 km de spéciale et 563 km au total, ne sera pas de tout repos avec des secteurs sablonneux entourés par des rochers particulièrement volumineux, puis d’impressionnantes collines de sable. La navigation sera une nouvelle fois primordiale pour s’en sortir dans ce dédale et rejoindre le bivouac.