Les concurrents reprennent du service avec la plus longue spéciale du rallye, qui marque l’entrée dans la séquence la plus sélective. Deux secteurs chronométrés distincts sont proposés, avec un parcours dédoublé pour celui du matin. Les motards auront droit à un tracé typé enduro sur une quarantaine de kilomètres : même les plus solides physiquement sortiront exténués de cette excursion dans les canyons. L’arrivée du premier tronçon est jugée au bord de l’Océan : les véhicules y plongent après une série de dunes et une descente particulièrement raide dans le final. Les pistes du deuxième secteur sont plus rapides, et les pilotes seront applaudis sur un autodrome à l’arrivée de la spéciale.

JOURNÉE DE GALÉRIENS MAIS 16e AU GÉNÉRAL

Le Dakar a repris sa route, direction le Sud et le bivouac d’Antofagasta au bord du Pacifique, juste à la hauteur du Tropique du Capricorne. Après une journée de repos mouvementée, Ronan Chabot et Gilles Pillot sont repartis avec un buggy remonté en un temps record par les mécaniciens du team SMG au grand complet.

« Notre buggy a retrouvé toute sa superbe, raconte Ronan arrivé un tard au bivouac d’Antofagasta, grâce aux mécaniciens qui ont travaillé jusqu’à 3h30’ ce matin.

Mais vu l’heure tardive, ils n’ont pu faire tous les réglages nécessaires et notamment celui de la course de frein. Alors que nous arrivions à quelques kilomètres du départ de la spéciale, après 200 km de liaison, nous nous sommes retrouvés sans frein et avec un début d’incendie à l’arrière du buggy. Notre voiture d’assistance rapide nous suivait de près, ils nous ont doublé et se sont mis en travers de la route pour nous arrêter. Éric Simonin est sorti de la voiture en courant avec un extincteur à la main et sa cagoule sur la tête car il avait froid aux oreilles… Les policiers en poste au croisement ont cru qu’il faisait un ‘car jacking’, ils se sont jetés sur lui et l’ont cravaté comme un malfrat ! L’altercation a duré un moment avant qu’ils ne comprennent ce qui se passait mais heureusement le feu a été maîtrisé et très vite toute l’équipe SMG est arrivée pour réparer notre buggy. Dans l’histoire, nous avons pris le départ avec 1h30’ de retard…

Ensuite, continue Ronan, a commencé une vraie journée de galères !

Tout d’abord, la poudre d’extincteur a bloqué le papillon d’accélérateur, ensuite la surchauffe de frein a détérioré le système de gonflage-dégonflage et nous avons dû dégonfler à la main… Puis, comme nous sommes partis parmi les derniers, nous avons dû doubler les camions et les concurrents attardés alors que notre Sentinel (système de klaxon visible) ne marchait plus et le tout dans la poussière et sans vent !

Malgré cela, nous sommes sortis de la spéciale en 32e position et 16e au général !

La spéciale était jolie, avec un cordon de dunes de 7 km et une belle arrivée en bord d’océan mais il n’y avait pas de grosses difficultés car elle avait été réduite de 50 %. »