L’exploration du désert d’Atacama emmène cette année les concurrents du Dakar à Arica, dernière ville avant la frontière péruvienne. Pour ce gros morceau de désert avant la journée de repos, le menu est copieux en dunes, dont la dimension augmente au fil des jours. Mais tout au long de la spéciale, les pilotes connaîtront une alternance de sensations. Après avoir surfé dans les dunes, la plupart enrageront dans les inévitables zones de fesh-fesh, que l’on appelle aussi « guadal » dans cette partie du monde. Pour les parties de slalom entre poussière et herbes sèches, la patience reste la meilleure alliée.[/box_info]

UN HOLD UP À LA CHANCE !

Hier, le Dakar montait jusqu’à Arica, à 30 km de la frontière du Pérou, par un secteur sélectif de 456 km très exigeant avec franchissements de dunes, pistes cassantes et fesh-fesh. Ronan Chabot et Gilles Pillot connurent le lot de galères dans cette dernière étape avant la journée de repos mais la chance était au rendez-vous dans les rues de la petite ville colorée.

Hier, c’était la deuxième grosse journée annoncée, raconte Ronan Chabot en train de nettoyer l’intérieur de son buggy SMG. Nous sommes partis pour 456 km de spéciale ​avec, pour commencer, un cordon de dunes à franchir. Ensuite, le terrain est devenu cassant avec du fesh-fesh puis un deuxième cordon de dunes…
Nous étions partis en 19e position le matin, au CP3, nous étions 16e… Ça marchait superbement bien pour nous et nous sommes arrivés dans les dunes. Il faut préciser qu’ici, les dunes ressemblent plus à des montagnes de sable, avec des crêtes très difficiles d’accès et quand ça ne passe pas, il faut tout redescendre pour prendre de l’élan.
Je garderai à tout jamais le souvenir d’une dune gigantesque que nous avons franchie quasiment à la verticale et du basculement à la crête avec, de l’autre côté, une vue splendide sur un océan de sable.
Gilles a tout de suite trouvé la passe et nous étions pointé 13e de la spéciale quand soudain, le niveau d’huile du buggy a baissé. Nous avons attendu 20’ que les premiers concurrents passent sur la bonne piste mais, comme la veille, à la tombée de la nuit, seulement 30 autos étaient sorties de la spéciale. C’était vraiment très dur… Un Kamaz de tête est arrivé et, sans hésiter, s’est arrêté et nous a donné de l’huile. Merci les Russes ! Ils nous ont sauvé notre rallye car nous avons pu rallier l’arrivée au ralenti.

La pièce défectueuse ne se change jamais, continue Ronan, et donc, nous n’en avions pas dans le camion SMG. Nous sommes donc partis en ville ce matin, sillonner les rues pour trouver un garage et un moteur V8 5,7l quand soudain, nous avons vu un Gentleman driver au volant d’une Corvette cabriolet avec le même moteur que le nôtre. C’est un coup de chance extraordinaire, il a une superbe propriété non loin d’Arica et une vingtaine de voitures et a bien voulu nous céder les pièces nécessaires !

Ce soir, le buggy sera réparé, nous sommes à mi-parcours du Dakar et en 18e position. Durant la première partie du Dakar, le rythme de course et le niveau des 30 premiers concurrents était très élevé. C’est dommage car sans le problème d’hier, on entrait dans les 15 au général. Il reste une grosse semaine à venir mais les deux ou trois concurrents devant nous sont à portée de main.