Alors qu’il s’apprête à attaquer son dixième Dakar, Ronan Chabot affiche une sérénité impressionnante, assortie d’un féroce appétit. Epaulé par son ami et copilote de toujours, Gilles Pillot, ce passionné d’aventures et de défis compte bien mettre à profit son expérience ainsi que le soutien technique et logistique de la structure SMG, pour décrocher son meilleur résultat sur le plus grand des rallyes raids. Pour la seconde année consécutive, l’équipage numéro 316 s’élancera à bord d’un Buggy deux roues motrices de 400 ch, pour quatorze jours d’une course reliant l’Atlantique au Pacifique, à travers l’Argentine, le Chili et le Pérou. A quelques jours du départ, Ronan Chabot, s’est confié…

« Ronan, comment vous sentez-vous et quel est votre état d’esprit au moment de vous envoler pour l’Amérique du Sud ?

Ronan Chabot : Je suis moins tendu depuis que la voiture de course et les camions d’assistance ont été embarqués au Havre, mi novembre, pour rejoindre l’Argentine. [pullquote_left]Nous sommes maintenant dans les derniers préparatifs et la bascule en mode ‘’Dakar’’ est en train de s’opérer ![/pullquote_left] L’état d’esprit est celui d’une équipe qui se prépare. Les premières interventions dans les médias pour raconter notre histoire, les échanges entre amis et participants du Dakar, la mise à jour des derniers dossiers : Nous sommes bel et bien entrés dans la dernière ligne droite avant le début de cette belle aventure. Cela a beau être notre dixième participation au Dakar, la magie opère toujours. Nous savons ce qui nous attend et l’expérience de l’épreuve me permet de bien l’avoir préparée et de me rendre au départ plus serein. Je sais également que l’équipe SMG de Philippe Gache a bien travaillé sur le Buggy pour nous permettre de vivre un bon Dakar et de grands moments de sport.

Présentez nous ce Buggy avec lequel vous aviez déjà participé au Dakar l’an passé ?

– Premièrement, nous sommes très heureux d’avoir rejoint cette belle famille SMG, autour de Philippe Gache. Nous n’avons plus l’appréhension du dernier Dakar, puisque nous connaissons désormais bien l’auto. Avant l’épreuve de 2011, nous avions participé au rallye de Tunisie, ainsi qu’au ‘’Silk Way’’, au mois de juillet dernier. La voiture est identique à celle que nous avons déjà connue mais elle a entièrement été refaite à neuf. Nous bénéficierons également de plus de puissance et de couple, puisque nous passons d’un moteur de5.7 lde cylindrée à6.1 l, ce qui représente une cinquantaine de chevaux supplémentaires. Le travail préparatoire a vraiment été très bien effectué et c’est un véhicule qui est désormais parfaitement fiabilisé.

A quoi se joue un bon résultat sur une course comme le Dakar ?

– Principalement à l’expérience car les bons résultats ne peuvent venir que grâce au vécu sur ce type d’épreuves. C’est aussi la qualité du binôme que l’on forme avec son copilote et la qualité de l’équipe qui vous suit et qui s’occupe de préparer le véhicule de course. La réussite d’un Dakar tient d’ailleurs souvent à la préparation effectuée en amont. Une fois la course lancée, il s’agit de ne pas trop entamer le capital de l’auto, qui fonctionne un peu comme un disque dur : Chaque choc qu’elle reçoit est enregistré et l’addition fini par arriver ! A nous de savoir gérer ce capital et ne pas aller au-delà des capacités de l’auto. Lorsque l’on joue dans le peloton des dix ou quinze premiers du classement, ce qui est notre cas, l’action se déroule très vite. Il ne faut donc pas se laisser surprendre, rester très concentré et adopter le bon rythme.

Quels seront vos objectifs sur ce Dakar 2012 ?

– Je ne sais pas si nous y parviendrons, mais je pense que l’on doit pouvoir se classer dans les dix premiers du classement général. Nous avions achevé notre Dakar 2011 à la 13e place finale et victorieux de la catégorie ‘’deux roues motrices, essence’’, après pas mal de péripéties, alors pourquoi pas un Top 10, cette fois-ci. C’est dans la deuxième semaine que les choses se décanteront et que les écarts se creuseront. A nous d’être au rendez-vous et de réaliser un Dakar ‘’propre’’. L’an dernier, sur la grosse étape ‘’Copiapo-Copiapo’’ nous avions terminé 9e. Sur le ‘’Silk Way Rallye’’ nous avons pris des 4èmes ou 6èmes positions en spéciales, donc notre place est bien là. Alors pourquoi ne pas rentrer dans le Top 10 pour notre 10e Dakar !

Que venez-vous chercher sur une épreuve de cette envergure ?

– Premièrement, l’aventure humaine, car elle y est vraiment belle. Ensuite, la difficulté, car on se doit d’aller puiser loin pour relever le défi et donner le meilleur de soi-même. Lorsque la fatigue s’installe et que les yeux rougissent, les valeurs de chacun se dévoilent et le rayonnement humain est assez beau, dans ces moments là. Un bon résultat, sur un Dakar, c’est aussi le travail de toute une équipe où chaque maillon de la chaîne est important. »