Voilà tout juste quinze jours, Ronan Chabot et Gilles Pillot escaladaient le podium d’arrivée du Dakar, à Lima, en vainqueurs de la catégorie deux roues motrices. Une victoire surprenante à en juger par la qualité des autos et des pilotes qui entouraient l’équipage Toy Motors, sur ce rallye, mais qui ne devait absolument rien au hasard, tant la machine comme les hommes s’étaient bien préparés. C’est avec toute la minutie, le professionnalisme et la détermination des plus grandes équipes présentent sur cette 34e édition du Dakar, que l’équipage du Buggy N°316 prenait part, le 1er janvier dernier, à l’épreuve reine du rallye raid. Une aventure sur laquelle Ronan Chabot et son copilote Gilles Pillot reviennent, ainsi que le ‘’sorcier’’ des buggys deux roues motrices, Philippe Gache.

Ronan Chabot :

Le Dakar 2013 avec une nouvelle voiture!

Ronan, comment allez-vous, quinze jours après votre victoire sur le Dakar ?
– Très bien ! La tête est en pleine forme. Après avoir vécu une aventure comme celle-ci, on revient plein d’énergie, même si le contre coup de l’effort physique se fait encore un peu ressentir. Ce sont des moments très agréables que l’on vit en rentrant du Dakar. On y a tout donné et on revient comme neuf. Nous sommes déjà tournés vers l’an prochain, avec beaucoup d’énergie et de motivation.

Avant de se tourner pleinement vers 2013, comment analysez-vous le Dakar que vous venez de réaliser ?
– Il aurait été difficile de faire mieux, vue les voitures qui nous entourent, au final. Il n’y a pas eu beaucoup de casses parmi les concurrents de tête et dans les dunes, chacun a rencontré son petit lot de plantages. Donc honnêtement, il n’y avait pas beaucoup mieux à espérer. Avec l’auto que l’on avait entre les mains et hormis le joker que l’on a grillé, en début de rallye, en tombant dans un petit précipice, nous avons signé un rallye sage et bien rythmé. J’ai le sentiment du travail bien fait !

Avez-vous le sentiment d’avoir encore franchi une étape, lors de ce Dakar ?
– J’ai le sentiment d’avoir progressé, c’est certain, mais je veux aussi saluer la chaîne de compétences qui s’est mise en place autour de ce projet. Que ce soit Gilles, à mes côtés dans le Buggy, ou l’équipe SMG. Les choix techniques effectués, le soutient des partenaires, la qualité de la communication que nous avons mis en place… Bref, autant d’éléments qui nous ont permis de vivre une belle aventure humaine. On termine deuxième équipage français, mais surtout premiers amateurs ou plutôt ‘’non professionnels’’. C’est aussi en cela, que les gens passionnés par la course, ont pu s’identifier.

Quelles sont désormais vos ambitions pour le prochain Dakar ?
– Même si beaucoup de choses sont encore à l’étude ou en cours de réalisation, je peux déjà vous annoncer, que nous serons présents sur le Dakar 2013 avec une nouvelle voiture et avec les mêmes personnes qui contribuent au succès de notre aventure en rallye raid ! Nous avons constamment progressé, ces dernières années, et il est clair que mon objectif, pour 2013, sera de gagner une poignée de places dans le classement. Pour ce faire, nous travaillons actuellement, avec Philippe Gache, sur un nouveau projet de Buggy. Je pense que nous serons bien armés, l’an prochain, pour progresser et franchir un cap supplémentaire.

Gilles Pillot :

Tout a fonctionné idéalement!

Gilles, que retenez-vous de cette épreuve ?
– Je retiens premièrement le sentiment du travail bien fait. Il nous est arrivé, lors de précédentes éditions, de passer à côté de notre rallye, par précipitation ou manque de réalisme, alors que cette fois, nous avons pris le Dakar par le bon bout. A l’époque où je le faisais en moto, on me disait qu’il se gagnait à 70% avant même le départ de la course. En ce sens, je tiens vraiment à remercier Philippe Gache ainsi que toute l’équipe SMG pour le merveilleux travail qu’ils ont effectué sur le Buggy, avant la course. Ils n’ont rien laissé au hasard et cela nous a permis de n’avoir jamais eu à s’arrêter sur la piste, ce qui est la recette d’un bon Dakar. De notre côté nous avons pris les étapes les unes après les autres, sans se mettre de pression et tout a fonctionné idéalement.

Quel grand moment retiendrez-vous de cette édition du Dakar ?
– Assurément notre passage au Pérou. Sans critique aucune, la première semaine de course n’a pas été extraordinaire et nous connaissions déjà bien les régions traversées. Ce qui est beau dans une course comme celle-ci, c’est l’aventure et ne pas savoir ce qui t’attend. Ce que nous avaient concocté les organisateurs, lors des derniers jours de course, était vraiment sympa. On a retrouvé ces vraies étendues de sable dans lesquelles il ne s’agit pas seulement de trouver les waypoints, mais où il est aussi nécessaire de bien savoir lire le terrain. C’est là que l’on peut exploiter certaines qualités. Je retiendrai aussi l’ambiance entre nous. Cela fait dix ans que nous formons le même binôme avec Ronan et c’est toujours une fête de se retrouver au cœur d’une équipe dans laquelle on se sent si bien.

Philippe Gache :

A l’heure pour franchir la prochaine étape!

Philippe, quel regard portez-vous sur ce qu’ont réalisé Ronan et Gilles, sur ce Dakar 2012 ?
– L’aventure de Ronan et Gilles s’est déroulée comme prévue. Pourtant, malgré les plans que l’on peut établir en amont, il arrive que la course dispose d’une manière différente, ce qui est assez logique en sport auto, d’autant plus sur une épreuve aussi longue et complexe que le Dakar. En l’occurrence, tout s’est passé selon nos plans et c’est très gratifiant. Si l’on observe les voitures qui se sont classées devant nous et en tenant compte du fait que celle de Ronan, est d’une génération plus ancienne, cette performance est remarquable. Ronan avait souhaité, en amont de l’épreuve, mettre l’accent sur la préparation du buggy, qui avait entièrement été révisé. On en a eu la récompense, en course, où nous n’avons souffert d’aucun problème technique et j’ai le sentiment du devoir accompli.

Parlez-nous des qualités de l’équipage formé par Ronan et Gilles…
– Une très grande partie du mérite de cette victoire revient aux personnes qui étaient dans la voiture et qui ont parfaitement su exploiter l’outillage qui était à leur disposition. Ronan, qui possède désormais une belle expérience du rallye raid, a vraiment signé une course solide. Quand l’étape s’annonce longue et difficile, on sait pouvoir compter sur lui pour être au bivouac le soir. Il a désormais le métier et la pointe de vitesse nécessaire pour exploiter le genre de prototype que je construis. C’est prometteur pour la suite de sa carrière dans ce milieu et avec une voiture encore plus performante, on peut véritablement ambitionner d’encore meilleurs résultats. Son tableau de marche est parfaitement respecté et nous sommes à l’heure pour franchir la prochaine étape !