On ne change pas de pays, mais l’impression de pénétrer dans de nouvelles contrées est réelle. Les contreforts de la Cordillère des Andes prennent parfois des airs de far-west. C’est le cas dans les fabuleux canyons du premier secteur chronométré. Une petite mélodie d’Ennio Morricone cadrerait aussi parfaitement avec le décor plus sablonneux du deuxième tronçon, où les concurrents navigueront entre des cheminées de fées. En dépit des apparences, nous ne sommes pas au cinéma : il faudra rester concentré et performant sur plus de 600 kilomètres pour conserver le bénéfice des efforts consentis jusqu’ici.

RONAN CHABOT ET GILLES PILLOT DANS LA FOURNAISE !

L’étape Chilecito – San Juan était divisée en deux spéciales, respectivement de 224 et 238 km, séparées par une liaison de 160 km, le tout sous une chaleur caniculaire. Ronan Chabot, installé à l’ombre de son camion Toys Motors, est relativement exténué de sa journée et sur le bivouac de San Juan, il ne fait pas moins de 39°C.

« Dans la première spéciale, explique Ronan, nous n’avons pas rencontré de difficultés majeures. Les paysages étaient superbes avec des canyons et un passage dans la montagne, à 3500m. Les pistes étaient tantôt rapides, tantôt cassantes, avec des passages étroits et une partie en chusca (fesh-fesh) dans laquelle il était difficile de doubler car il n’y avait pas de vent mais en général, la spéciale était très agréable.
Ensuite nous avons roulé une liaison pour rallier le départ de la seconde spéciale. Il faisait une véritable fournaise et j’ai été me faire déverser de l’eau dans la combinaison par les pompiers… Au moment où nous sommes entrés dans la zone de départ, l’alarme de température moteur s’est allumée : une des pompes à eau était déficiente ! Comme on commence à bien connaître notre buggy, nous avons réussi, en 15’, à résoudre le problème. Nous sommes partis dans la seconde spéciale, qui était très sympa, et nous avons pris 180 Km/h en vitesse de pointe.
Il n’y a pas eu de gros écarts aujourd’hui, il fallait assurer notre place. Nous terminons 17e des deux spéciales cumulées et 13e au général.
Ce soir, grosse vérification du buggy car demain sera encore une journée costaude avec un passage dans des dunes près de San Juan.
La population nous a accueilli, une nouvelle fois, dans les dix derniers kilomètres avec beaucoup d’enthousiasme. Ce soir, je suis abattu par la chaleur même si je me suis très bien hydraté toute la journée.
Ça commence à sentir l’écurie, après-demain, nous arrivons à Buenos Aires… et maintenant, à la douche ! »