J’ai envie de vous dire qu’il va y avoir du sport

Les clameurs de la foule, massée au pied du podium d’arrivée de Lima, ne s’étaient pas encore éteintes que déjà, juchés sur le toit de leur Buggy, Ronan Chabot et son copilote Gilles Pillot, se projetaient vers 2013. A peine leur aventure de janvier dernier achevée de la plus belle des manière, par une victoire dans la catégorie deux roues motrices, que Ronan et toute son équipe se remettaient au travail pour préparer leur entrée dans la cours des grands sur le Dakar 2013. Deux ans d’apprentissage au volant d’un Buggy SMG, certes très compétitif, mais de conception plus ancienne, auront suffi au duo Chabot-Pillot pour maitriser et tirer le plein potentiel d’un tel engin. C’est donc avec encore plus d’appétit et des ambitions logiquement à la hausse que Ronan Chabot et toute l’équipe technique de SMG, emmenée par Philippe Gâche, se sont lancés dans la construction et le développement d’un Buggy dernière génération. Si l’excitation est bien évidemment au rendez-vous de ce nouveau défi, c’est avec toute la sagesse des dix Dakar auxquels il a déjà participé que Ronan Chabot aborde cette 35e édition de l’épreuve reine des rallyes raid.

 

« Ronan, nous vous avions quitté à Lima, en janvier dernier, sur une magnifique victoire… Que s’est-il passé depuis pour vous et votre équipe ?

– Je garde un souvenir très heureux de notre arrivée à Lima puisque nous venions de remporter la course, dans la catégorie des deux roues motrices et nous étions allés au bout de notre programme de deux ans, avec notre Buggy. Au retour du Dakar, nous nous sommes rapidement réunis avec Philippe Gâche, pour lancer notre nouveau projet. Nous avons évidemment attendu que le règlement technique soit figé pour nous lancer dans ce nouveau défi, mais comme les organisateurs de l’épreuve ont souhaité redonner la part belle aux véhicules deux roues motrices, nous avons pleinement joué cette carte. La réglementation va limiter la puissance des quatre roues motrices et, à l’inverse, nous en offrir un peu plus. Nous avons également le droit à des habitacles plus grands et des diamètres de roues plus importants. Autant de nouveautés réglementaires qui vont nous permettre de venir nous mêler à la bagarre parmi les leaders. Nous allons donc bénéficier de la troisième génération de Buggys créée et développée par SMG. Le V8 essence, préparé par Oreca, développera, lui, une centaine de chevaux supplémentaires, par rapport à l’an dernier et tout sur cette auto a été optimisé, que ce soit en terme de poids ou de performance. Autant dire que c’est très bien armés que l’on se présente au départ.

– Quelles ont été vos premières sensations, au volant de ce nouveau Buggy ?

– Il y a clairement un monde entre ce nouvel engin et le précédent. En terme de puissance, de précision, de comportement ou encore d’homogénéité ; J’ai l’impression d’aller une fois et demi plus vite, lorsque je suis à son volant, qu’avec la précédente voiture ! L’avantage, c’est qu’en ayant pu suivre la genèse de ce projet et en connaissant bien tous les membres de l’équipe de Philippe Gâche, j’ai pu pleinement m’imprégner de ma nouvelle monture. Quand je me remémore nos performances avec l’ancienne auto, je veux croire que sur de grosses journées, cette année, nous aurons une très belle carte à jouer.

– Justement, avec quels objectifs vous envolez-vous vers le Pérou ?

– Il y a une redistribution des cartes aux avant-postes qu’il va falloir prendre en considération. Il y aura beaucoup plus de deux roues motrices au départ et sur certains terrains, les diesels risquent de se retrouver handicapés. Autant d’éléments qui me laissent penser que sportivement la donne a évolué. Maintenant, il y a une règle d’or immuable à respecter, c’est d’être à l’arrivée. Nous aurons entre les mains une voiture neuve et même si tout a été fiabilisé et parfaitement bien préparé, il faudra prendre en compte le coefficient risque mécanique. Je ne veux pas rentrer dans le jeu des pronostics de classement mais j’attends véritablement avec impatience les grosses journées où l’on se lève très tôt le matin et sur lesquelles ont regagne tard le bivouac, le soir. C’est certainement là que l’on sera capable de créer la surprise. Faire le ‘’hold-up’’ et signer un podium sur une étape, serait une très belle satisfaction !

– Que vous inspire le parcours dessiné par ASO, cette année ?

– On le découvrira véritablement une fois lancés dans les spéciales, mais ce qui me plait, cette année, c’est que d’entrée de jeu, dès le deuxième jour de course, nous allons rentrer dans des grosses journées où les écarts vont déjà se créer et durant lesquelles chacun va immédiatement pouvoir prendre sa vraie place dans le classement. Pas de round d’observation, tout de suite dans le vif du sujet : J’aime ça !

– En cette période de fêtes et à quelques jours de basculer en 2013, quel message avez-vous envie d’envoyer à tous ceux qui vont vous suivre sur ce Dakar ?

– J’ai envie de vous dire qu’il va y avoir du sport, que l’on est fin prêts, probablement comme jamais encore, à l’aube de se lancer sur un Dakar ! Nous avons bien l’intention de partager cette incroyable aventure avec vous tous, via les réseaux sociaux, les comptes rendus d’étapes et les vidéos embarquées, notamment. Alors vivement le départ et d’ici là, toute l’équipe, Gilles et moi-même vous souhaitons de passer de très belles fêtes. »