Étape 8 : San Juan de Marcona – Pisco
Liaison > 215 km – Spéciale > 360 km

Ronan Chabot et Gilles Pillot n’ont pas boudé leur plaisir ce mardi et ça se voit : ils réalisent leur meilleur résultat sur une étape (10ème) dans cette édition et reprennent la 11ème place au général. Récit d’une journée en or.

En temps normal, il se dit que la mémoire est sélective, que l’on imprime des images et des sensations qui restent, que l’on ressasse ou qu’on oublie parfois. Au Dakar, tout à une mémoire quasi-omnisciente. Il y a les pilotes et les copilotes qui retiennent les subtilités de chaque cordon de dunes, de chaque vallée caillouteuse et de tous ces kilomètres à résister au fesh-fesh et aux pierres qui jalonnent la piste. Et puis il y a les machines, aussi éprouvées que les organismes. « Une voiture a une mémoire : chaque choc et chaque pépin s’accumulent et finit par avoir une incidence sur son comportement », expliquait une poignée de jours plus tôt Gilles Pillot.

Ronan Chabot et Gilles Pillot ont une telle expérience de l’épreuve qu’ils savent gérer leurs efforts et ménager leur machine. Arriver au terme d’un Dakar est une victoire en soit et il faut méconnaitre l’épreuve pour le remettre en cause. Cela n’empêche pas d’être performant : ce mardi, le duo s’est offert son meilleur résultat depuis le début du Dakar, un 10ème temps à 41 min 16 sec du vainqueur du jour, Sébastien Loeb (Peugeot). L’occasion de gagner une place au général (11ème) et de pointer à seulement 25 secondes de Giniel de Villiers (Toyota, 12ème). Plus que jamais candidat au « top 10 », Ronan Chabot, sourire aux lèvres et enthousiasme en bandoulière, revient sur une journée maîtrisée de bout en bout.

Ronan Chabot : « On a très bien roulé aujourd’hui ! Nous avons parcouru les plus belles dunes de ce Dakar : ça nous a permis de faire des surfs incroyables ! C’était une étape très technique mais tellement belle avec ces dunes immenses qui se transformaient en toboggans incroyables. L’important, comme nous le disions hier, c’est de revenir dans le bon wagon : quand on fait une mauvaise prestation un jour, on repart loin et cela complique toute la progression dans une spéciale. Là, on peut bien se concentrer sur le pilotage. La voiture volait ! C’est notre plus belle étape de ce Dakar ! »

Gilles Pillot : « Bien sûr qu’en matière de résultat, c’est notre meilleure étape. Nous traversons des paysages magnifiques avec des immensités de dunes. Nous faisons beaucoup d’aller-retours dans les mêmes portions et il y a beaucoup de traces. Ça complique la navigation. Je pense qu’on n’a pas à rougir de notre position au général »

AU PROGRAMME MERCREDI.

Déjà l’avant-dernière étape !

Dans deux jours déjà, les rescapés du Dakar seront célébrés comme des héros sur la plage de Lima, dix jours après avoir quitté la capitale péruvienne. Mais avant, il reste deux étapes dont la 8ème, ce mercredi, qui s’annonce à nouveau très relevée. Au programme : une longue boucle de 410 km autour du bivouac de Pisco avec 313 km de spéciale. Ce secteur chronométré débutera par 50 km dans les dunes avant du hors-piste pour rejoindre la côte. Les pilotes la longeront, tenteront d’éviter ses dangers (montées caillouteuses, zones sablonneuses) avant de traverser trois nouveaux secteurs de dunes. Il faudra en passer par là pour voir Lima !

 
Les organisateurs expliquent que l’étape de demain sera « plus compliqué en matière de navigation ». Que cela signifie-t-il ?
Chaque jour, Gilles Pillot explique les subtilités du Dakar
« Le terrain de jeu a déjà été utilisé. On l’a traversé lors de la 1ère spéciale, lors de la 2ème, on l’a refait ce mardi et on va encore traverser les mêmes zones mercredi. Il y a plein d’endroits où je vais me souvenir d’être passé, sauf qu’il y aura une multitude de traces. Et elles peuvent t’induire en erreur ! Il faudra être donc être encore plus méticuleux, vigilant et bien suivre notre cap. 
 
PAROLES DU TEAM. Denis Gardette (osthéopathe chez Overdrive)
« Je les connais depuis que Gilles Pillot est arrivé en rallye-raid. Il venait d’arrêter la moto pour devenir copilote dans la team de Luc Alphand, au début des années 2000. Il a débuté avec Jean-Luc Crétier (champion olympique de descente aux JO de Nagano en 1998) comme pilote. Ronan est arrivé un peu plus tard et ils ont rapidement formé un très bon duo. C’est une équipe très soudée, très affective qui vit le rallye comme une bulle. Nous avons créé des liens d’amitié et d’affection : ce sont des gens entiers qui font partie de l’ADN du Dakar. »