Etape 3 Pisco – Nazca   : 343 Km

Liaisons : 100 Km Secteur sélectif : 243 km 

« Nous avons grillé un joker ! »

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour Ronan Chabot et Gilles Pillot. Après avoir mis le feu au classement général, lors des deux premières spéciales, et fait trembler les favoris à la victoire, l’équipage N°316 a vécu, entre Pisco et Nazca, sa première ‘’galère’’ sur cette édition 2013 du Dakar. Au kilomètre 42 de la spéciale, Ronan attaque une dune mais se retrouve piégé au moment de basculer au sommet de celle-ci :

« Nous avons ouvert le train avant dans une cuvette très abrupte, à la sortie de cette dune, explique-t-il. Nous étions en travers et c’est l’avant gauche du buggy qui a tapé fort. Le capot s’est même arraché et s’est retrouvé sur le pare-brise. Nous avons réussi à repartir, mais le triangle de suspension supérieur a souffert dans l’accident et la roue s’est retrouvée très inclinée. Pour vous dire, mon volant était braqué d’un quart à droite lorsque je tentais de maintenir la voiture en ligne ! Autant dire que ce n’était pas les conditions idéales pour poursuivre l’étape.»

Il restait en effet près de 200 km à l’équipage Toy Motors pour rallier l’arrivée de la spéciale et c’est avec prudence que Ronan ramenait le buggy SMG à bon port. De retour au bivouac, le pilote analysait cette journée et l’erreur commise :

« C’était assez sablonneux avec aussi beaucoup de fesh-fesh (sable très fin qui s’apparente à de la farine) et de portions caillouteuses, ce qui en faisait une spéciale assez sélective. Peut-être sommes nous partis sur un rythme légèrement trop élevé mais il n’est pas dit qu’avec moins de vitesse, nous aurions éviter cet accident. Il faut savoir que nous nous sommes élancés tardivement dans la spéciale du jour et le soleil écrasait complètement le relief dans ces dunes de sable très blanc. Avoir une bonne visibilité dans les dunes est très important et mon pare-brise n’était pas non plus très propre, après notre passage dans le fesh-fesh. C’est une erreur. Ca arrive. Disons que nous avons brûlé un joker, aujourd’hui. Généralement nous en avons deux ou trois sur un Dakar. Dommage, car au-delà du temps perdu aujourd’hui, nous avions une belle carte à jouer et je pense que sans cette erreur de ma part, nous aurions pu viser la 4e ou 5e place de l’étape. »

Pas d’inquiétude pour autant dans le clan de Ronan et Gilles. Après dix Dakar couverts, l’un et l’autre savent parfaitement que la course s’annonce extrêmement longue et que la régularité leur permettra de retrouver leur rang parmi les mieux classés de la catégorie :

« C’est un Dakar qui est parti un peu trop vite et je pense que chacun doit maintenant retrouver son véritable rythme, car il reste énormément de grosses journées. Celle qui nous attend, entre Nazca et Arequipa est annoncée comme la plus chargée en dunes, avec des cordons très difficiles à franchir. A nous de repartir du bon pied dans cette spéciale et de bien la jouer. »