Haïl – Haïll (546km, 334km de spéciale).

À cause d’un « way point » (un point de passage) difficile à valider, le duo Chabot-Pillot concède 1 h 45 min à la tête de course. Mais les deux hommes, habitués aux rebondissements du Dakar, savent que la route est encore longue.

« C’est le seul plaisir de la journée ! » Ronan Chabot tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il est près de 17h30 au bivouac d’Haïl, la nuit fait déjà son apparition et dans une des tentes Toyota, le pilote profite enfin d’un repas bien mérité, un réconfort après une journée délicate. Cette longue boucle de 333 km autour d’Haïl ne devait pourtant pas poser de problème. Sauf que les certitudes sont inexistantes sur le Dakar : Ronan Chabot et Gilles Pillot le savent, eux qui y participent pour la 20e fois.
Maudit « way point »

« C’est le genre d’étape propice à faire un hold-up, raconte Ronan. Mais dans ces cas-là, il faut des gagnants et des perdants. Et nous faisons partie, aujourd’hui, de cette 2e catégorie ». Pourtant, tout s’était bien déroulé pour la Toyota Hilux n°229, partie en 20e position ce matin et bien positionnée dans l’enchevêtrement de dunes. À une centaine de kilomètres de l’arrivée, tout bascule. « Après une longue descente, nous devions parcourir 5 km au cap. Nous avons continué jusqu’à un cul de sac et on voit tout le monde qui fait demi-tour. On est revenu, repris la note et on a mis beaucoup de temps à le trouver ». Ils ne sont pas les seuls à ‘jardiner’ : il y a Carlos Sainz, Mattias Ekstrom (Audi), Bernhard ten Brinke (Toyota) et tant d’autres.
Le temps est long avant de retrouver le bon axe et fuser vers la ligne d’arrivée. Certains pilotes n’ont pas eu leur patience et se sont focalisés sur le ‘way point’ suivant en acceptant d’être pénalisés. Dans de pareils cas, la pénalité peut avoisiner les 2 heures. Là, elle n’est que de quinze minutes, pas vraiment de nature à valoriser l’abnégation de ceux qui sont restés pour trouver ce maudit ‘way point’. « Dans ces coups-là, on est très souvent du bon côté de la barrière. Ce n’était pas le cas aujourd’hui ». L’addition est corsée : Ronan et Gilles, 32e de l’étape du jour sont également 32e au général (à 1 h 45 min du leader, Nasser Al-Attiyah).

« On sait que notre voiture est fiable »

Difficile de ne pas ressasser ce fait de course, qui fait oublier « les beaux paysages » et « les accélérations en fin de course ». « C’est dur parce que tout allait bien, qu’on comprend bien la voiture et qu’on faisait une journée correcte. Nous avons grillé un joker ». Déjà, il faut se projeter sur la prochaine journée. La 2e étape, avec 568 km de spéciale, devait être la 1ère partie de l’étape-marathon, avec impossibilité donc pour les mécaniciens d’accéder aux voitures.

Sauf que les récentes intempéries ont poussé les organisateurs à l’annuler, le lieu prévu pour le bivouac à Al Artiwiya, étant impraticable. « Je fais confiance aux organisateurs, souligne Ronan. C’est dommage parce que ce type de journée, ça met du piment, d’autant qu’on sait que notre voiture est fiable ». Il n’empêche, la longue spéciale de demain sera l’occasion de tout donner pour amorcer une remontée au classement et lutter ainsi contre la malchance, qui ne peut être que passagère.