Étape 7
Ha’il > Sakaka

Au-delà de la journée sur les pistes – la première partie de l’étape-marathon qui menait à Sakaka, à 200 km de la frontière irakienne – Ronan Chabot et Gilles Pillot tenaient à rendre hommage à Hubert Auriol, « un grand monsieur du rallye-raid ».

Les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais quand il faut et les habitués du Dakar le savent plus que tout. Ce dimanche après-midi, au bivouac marathon de Sakaka, après une étape longue de 742 km depuis Haïl, tous ont une pensée pour un homme, un pilote et un pionnier : Hubert Auriol. Premier vainqueur de l’épreuve en moto (1981, 1983) et en auto (1992), légende vivante d’une discipline qu’il a porté comme directeur du Dakar pendant neuf ans (de 1995 à 2004), Hubert Auriol était un modèle, une référence, un visage que l’on appréciait côtoyer.

« Une page d’histoire qui se tourne » (Pillot)

Il y a quelques mois, Ronan Chabot et Gilles Pillot avaient échangé à ses côtés dans les allées du salon Rétromobile à Paris. Hubert Auriol faisait partie de ces hommes qu’ils ont tant fréquenté lors de leurs précédentes participations. Ronan Chabot se souvient de sa première arrivée, à Charm el-Cheick (Egypte) en 2003. « Il était venu sur le podium nous remettre une médaille en tant que directeur de course ». Un moment fort, immortalisé par des clichés et restés dans les mémoires.

« Il fait partie de ceux qui ont construit cette course, qui l’ont vécu, qui l’ont façonné et qui lui ont donné ses lettres de noblesse », raconte Ronan Chabot. Gilles Pillot a eu l’occasion de rouler à ses côtés en tant que motard. L’émotion est décuplée : « c’est une page d’histoire qui se tourne avec les décès de Claude Brasseur puis celui d’Hubert Auriol, confie le copilote. Il a fait beaucoup pour le rallye-raid, pour la sécurité, pour la pérennité du Dakar. C’était aussi un excellent pilote et un personnage immuable de l’épreuve. Et puis Hubert avait toujours un mot bienveillant pour les pilotes amateurs. »

Gilles ne compte plus ses souvenirs avec cette personnalité historique du rallye-raid. Il conseille « tous ceux qui aiment le rallye-raid » à acheter ses livres dont « TDSPP, tout droit sur piste principale ». À Retromobile, malgré la maladie, Hubert Auriol était là « pour défendre ses valeurs, pour défendre ce qu’il a aimé, ce qui l’a fait connaître ». L’émotion était palpable tout au long de la soirée et un moment de recueillement a eu lieu à l’issue du briefing. Demain, les concurrents reprendront la route et offriront à Hubert Auriol, en roulant et en continuant coûte-que-coûte, le plus beau des hommages.

L’ÉTAPE DU JOUR

La réussite n’a pas vraiment été au rendez-vous ce dimanche pour cette entame de la 2e semaine du Dakar. « On avait fait le choix de mettre une pression assez basse pour passer les secteurs de sable mou, raconte Ronan. Mais dans la partie plus cassante, on a perdu du temps et on a crevé deux fois. Nous n’avons pas vraiment pris du plaisir aujourd’hui ». Ensuite, il fallait veiller à ne pas crever, d’autant que l’assistance est interdite ce soir, étape-marathon oblige. Parti 23e, le duo achève la spéciale à la 32e place, à 1h06 de la tête de course. Au général, Ronan et Gilles figurent au 29e rang (à 6h39 du leader, Stéphane Peterhansel). « On s’est surtout attaché à préserver l’auto et ce soir, heureusement, il n’y a rien de particulier à faire », confie Ronan.