Étape 11 : Al-Ula > Yanbu

Le duo Chabot-Pillot a résisté avec brio à la dernière journée de tous les dangers ce jeudi. Partis 30e, arrivés 16e, ils sont désormais 23e au général, leur meilleure position depuis le début du rallye. Mais il y a déjà une pointe de nostalgie chez les deux hommes. Explications.  

L’inattendu est toujours au rendez-vous au Dakar. Pour s’en convaincre, il fallait rester au bivouac de Yanbu, en début d’après-midi ce jeudi. Posé sur du sable, chauffé par un soleil puissant, il a été le théâtre d’une incongruité : une averse, forte, aux abords du désert.  

Une très belle remontée  

Le risque d’averse, qui avait poussé les organisateurs à réduire la spéciale d’une quarantaine de kilomètres, n’a pas empêché les concurrents de parcourir les quelques 470 km avec des dunes et des secteurs caillouteux, l’avant-dernière et la plus longue spéciale de ce Dakar. Ronan Chabot et Gilles Pillot n’ont pas démérité : « c’était sans doute notre meilleure journée », assure le pilote.  

Pourtant, rien n’a été facile, d’autant que le duo est parti à la 30e place. « Au début de l’étape, il a fallu dépasser dans les canyons et malgré l’absence de vent », raconte Ronan. Ensuite, « ça a été très intense » avec des pistes cassantes et étroites. Puis, place aux longs cordons de dunes, dont certaines de ‘niveau 3’, les plus imposantes. « Il y avait quelques beaux toboggans où on devait être bien lancés pour passer ».

« On a très bien roulé, comme on sait faire ! »  

Les deux hommes en profitent pour poursuivre leur remontée, jusqu’à la 16e place. Mais à 20 km de l’arrivée, une crevaison les retarde et les rétrograde au 21e rang. Leurs concurrents directs étaient dans un mouchoir de poche : les sept voitures qui les précèdent se tiennent en effet en seulement six minutes !  

Néanmoins, le bilan est très satisfaisant : « on a très bien roulé, comme on sait faire ! » Et ça se voit au classement où la Toyota est actuellement 23e, le meilleur classement de l’équipage depuis le début de ce Dakar. Certes, il y a toujours une pointe de frustration liée à ces crevaisons qui ont décidément tant influé la course chez les 4 roues motrices…  

Après une telle journée, « on est content de sortir de la voiture », assure Ronan. Les rituels sont toujours les mêmes : discussions avec les mécaniciens, salade au menu, douche de circonstance. Déjà, il faut se résoudre à l’idée que ce Dakar s’achèvera dès demain. Ronan Chabot avoue « un drôle de sentiment » : « notre rallye ne s’est pas déroulé comme on l’avait prévu et c’est incroyable de se dire que c’est déjà fini. C’est passé si vite ! »  Le pilote fait une pause, sourit et s’amuse de « ces journées bien remplies » et de « l’ambiance particulièrement bon enfant de ce Dakar ».

Demain, après une spéciale à éviter les problèmes de dernière minute, ce sera le temps de monter sur le podium protocolaire. Le moment sera forcément riche en émotion : il s’agit du 19e Dakar de Ronan et Gilles ensemble.