Le duo Chabot-Pillot a traversé les premières dunes de ce Dakar, s’offrant des sensations à nul autre pareilles. Un temps ralentis par un léger fait de course sans gravité, ils signent le 25e temps et pointent au 30e rang au général avant une nouvelle journée corsée.

« Il y a beaucoup d’attente ce soir pour voir Denis, le kiné de l’équipe ». Ronan Chabot a conservé le sourire ce lundi soir mais les traits de son visage sont déjà marqués. Et puis il y a surtout ses cervicales mises à rude épreuve tout au long de cette 2e journée de compétition longue de 467 km de spéciale.Après le top départ ce matin, il devait affronter avec son copilote Gilles Pillot les premiers cordons de dunes de ce Dakar.

« On se dit que ces dunes sont impossibles à grimper »

« Les dunes étaient splendides, raconte le pilote. Le rallye-raid est la seule discipline qui nous permet de franchir des crêtes comme celles-là. Quand on est en bas, on se dit que ces dunes sont impossibles à grimper. Mais c’est ce qu’il y a de plus beau. Ici, le sable est ocre, il y a les couleurs tamisées du matin puis du soir, des dégradés de couleurs… Le soleil est plus chaud qu’en Amérique latine et cela offre des panoramas magnifiques. »

Dans l’un de ces fameux toboggans de sable, après avoir dépassé une crête, le duo tombe nez à nez avec la Rebellion de Romain Dumas. Le pilote d’Endurance était bloqué dans les dunes et avait oublié de se signaler par une alarme comme c’est de rigueur. En reculant à faible vitesse, il percute la Toyota n°322. « La voiture n’avait pas de problème majeur mais les ailes et du carbone ont été arrachés, précise Ronan. On a dû découper des morceaux avant de reprendre la spéciale ». Ensuite, il a fallu tenir, malgré la poussière et le trafic particulièrement dense. Mais les deux hommes ont résisté pour signer une honorable 25e place – à 46 min 46 sec du plus rapide du jour, Nasser Al-Attiyah – qui leur permet de pointer au 35e rang au général (à 1h 44 min 29 sec du leader, Stéphane Peterhansel). Pas de regret donc. Le pilote l’atteste : « on a sauvé la mise. J’espère désormais qu’on arrivera à faire une étape « bien propre »

Et si c’était pour demain alors que 403 km seront à parcourir ? Affaire à suivre.