1er janvier : étape 1A – Djeddah – Ha’il (834km, 19km de spéciale).


Ronan Chabot et Gilles Pillot ont assuré l’essentiel lors des premiers tours de roue de ce Dakar. En terminant 20e de la courte spéciale, ils se placent dans une position idéale pour aborder l’étape de dimanche. Surtout, ils ont renoué avec la fièvre du Dakar, sourire aux lèvres avec l’envie chevillée au corps de tout donner dès demain.


Le Dakar a le don de bouleverser les repères. Temporels d’abord, en oubliant dès le départ, au petit matin, qu’il s’agit du lendemain du réveillon de la Saint-Sylvestre. Spatial ensuite, en obligeant les concurrents à parcourir 614 km en mettant le cap au nord, quitter Djeddah et les rives de la Mer Rouge pour Haïl et ses canyons ocres façonnés par le temps. Le départ a eu lieu dans l’obscurité, l’arrivée aussi. Et le mercure avait fortement chuté, de 25°C à moins de 10°C, plongeant le premier bivouac de ce Dakar dans la fraîcheur. Pas de quoi décontenancer Ronan et Gilles qui étaient au même endroit il y a trois semaines, déjà, pour le rallye d’Haïl.
La mission n’a pas posé de problème

« C’était une longue liaison mais une petite spéciale (19 km) », raconte Ronan Chabot. Il rappelle l’enjeu du jour : « le résultat établissait l’ordre de départ pour les spéciales de demain et il fallait donc être impérativement dans les 30 premiers » Dans des dunes molles et cassantes – particulièrement attrayantes visuellement – la mission n’a pas posé de problème. Le duo a achevé la spéciale en 12 min 24 sec, soit 1 min 28 sec de plus que leur coéquipier et vainqueur du jour, Nasser Al-Attiyah.
« Nous étions partis avec une pression un peu haute et c’était du sable légèrement mou aujourd’hui, ce qui fait qu’on a perdu des poignées de secondes, souligne le pilote. Il était important de ne pas faire d’erreur et on savait que le moindre souci pouvait nous faire perdre du temps ». Or, le duo s’est assuré de « partir dans le bon ordre pour ne pas être gêné sur la piste ce dimanche ». Et c’était essentiel car sinon, après le 30e temps, les concurrents autos doivent partager la piste avec les camions et les SSV. « Le Dakar est lancé et pour nous, la mise en jambe est réussie ».

« Ça marque le début de notre aventure »

Les centaines de kilomètres de liaison n’ont pas eu raison de leur enthousiasme. Et à l’issue de cette longue journée, comme tous les pilotes, la Toyota n°229 s’est offerte les joies du podium, moment d’émotion intense à l’heure de débuter le 20e Dakar de leur histoire. Installés dans le contrefort des montagnes qui dominent la plaine d’Haïl, le lieu était majestueux. « C’était magnifique et ça marque véritablement le début de notre aventure », témoigne Ronan Chabot.

Demain donc, les grandes manœuvres débutent enfin. Certes, l’étape débute et s’achève à Haïl mais entre-temps, 333 km de spéciale et 181 km de liaison seront à parcourir. « L’ensemble sera caillouteux et sablonneux. Il n’y a pas de grosses dunes et surtout rien qui nous empêche de dormir ce soir ! » Un sommeil que l’on espère réparateur, dans la douceur d’Haïl, avant de mettre un coup d’accélérateur.