22 ème au général

Etape 3 – Al Artawiyah – Al Qaisumah (554km, 368km de spéciale).  

Au lendemain de leur problème mécanique qui a mobilisé leurs mécaniciens toute la nuit, Ronan Chabot et Gilles Pillot ont pu reprendre la route ce mardi et s’offrir une incroyable ‘remontada’, de la 62e à la 22e place, l’occasion de se positionner idéalement pour continuer l’aventure avec enthousiasme.  

La veille, il parlait d’eux comme des ‘magiciens’. Eux, ce sont les mécaniciens et les ingénieurs de Toyota Gazoo Racing, qui se sont mobilisés tout au long de la nuit, hier, dans la fraicheur du bivouac d’Al-Qasumah. À quelques mètres de là, dans la cabine aménagée de leur camion, Ronan Chabot et Gilles Pillot étaient parvenus à trouver le sommeil. À leur réveil, au petit matin, l’équipe peaufinait encore les derniers réglages de la voiture. Le duo  savourait : « normalement, on aurait dû se réveiller dans les dunes à trouver une solution pour revenir dans le bivouac ». Mais la Toyota Hilux n°229 était bien au départ de cette 3e étape et c’était déjà une victoire en soi.  

« On est revenu dans le bon wagon »  

Il fallait alors se concentrer sur la spéciale du jour et ses 254 km à parcourir. D’autant que le challenge était grand : le duo s’est élancé à la 62e position parmi les autos et à la 140e tous véhicules confondus. « C’était une spéciale presque à 100% de sable avec beaucoup de dunes, raconte Ronan. Derrière les camions, les motos et les SSV, le terrain était labouré, les crêtes étaient abîmées, les ornières étaient faites ». Pourtant, dans cet exercice périlleux où il faut dépasser sans compter, Ronan et Gilles ont montré une sacrée aisance. Ils bouclent en effet la journée avec le 22e temps ! « On est revenus dans le bon wagon en une journée et c’est vraiment agréable : normalement, il faut un à trois jours pour y parvenir ».

Il y a certes eu une légère alerte, à 30 kilomètres de l’arrivée, à la réception du saut. Il s’agit sans doute d’un problème de différentiel qui les a obligé à lever légèrement le pied, sans conséquence. Grâce à leur belle performance, ils pointent au 39e rang au général, à 3h46 du leader Nasser Al-Attiyah. Mais ce que Ronan préfère retenir, c’est la confiance retrouvée : « on est partis revanchards. Nous savons que nous sommes miraculés ! »  Le pilote en parle comme « d’une aventure de plus du Dakar », tout en rappelant que « ce n’est que le début ».  

Dans le viseur, il y a l’étape de demain avec la plus longue spéciale de cette édition (465 km) avant de rejoindre Riyad, la capitale. « Depuis le début, les organisateurs annoncent que ce sera l’étape la plus difficile du rallye. On verra car parfois ce n’est pas aussi dur qu’annoncé ». Cette phrase ravive les souvenirs et replonge dans les Dakar africains quand « on partait de nuit et on rentrait de nuit après avoir fait 800 km ». « Une fois en Mauritanie, nous sommes arrivés après avoir perdu du temps. On a mangé une banane, mis une roue de secours et on est repartis une heure plus tard ! » Et dans un grand sourire, en revenant sur cette 4e étape, Ronan Chabot conclut : « ça ne nous fait pas peur ! »