Après avoir bataillé sur la piste, le duo a rejoint le premier bivouac à la 31e place mais conserve le sourire : le Dakar est encore long et le plus dur reste à venir.

Le Dakar vient de s’élancer et de retrouver ses habitudes. Le premier bivouac s’installe sur des terres brûlées par le soleil, avec son lot de sable, de terre orangée et de vent qui fouette le visage. Pourtant, le Dakar a déménagé à 13 180 km de sa dernière édition. L’Arabie Saoudite n’est pas le Pérou mais depuis la piste et dans les airs, les panoramas majestueux se sont succédés, tout au long de cette remontée vers le nord des rives de la Mer rouge.

« Ce n’est pas seulement le début d’un rallye, c’est aussi une découverte des paysages que l’on ne connaît pas », souligne Ronan Chabot. Et les concurrents ont été servis entre les immensités de sable, des zones plus rocailleuses aux pierres noires et les bords de la mer rouge scintillante par ses eaux turquoise. « Ce sont des endroits aussi splendides que désertiques, on en prend plein les yeux », poursuit le pilote.

« Une belle journée de reprise »

En piste, mieux vaut redoubler de vigilance. Le duo en a conscience : il a crevé en début d’étape, a dû veiller à ménager sa machine avant de s’égarer à trois reprises. « Il y a beaucoup de pistes, très peu de traces et on a dû composer avec la poussière des quads », poursuit Ronan Chabot. Avec Gilles Pillot, il termine à la 18e place* à 31 min 51 sec du meilleur temps mais en rallye raid plus qu’ailleurs, la vérité d’un jour n’est jamais celle du lendemain. « Les écarts ne sont pas encore conséquents, souligne d’ailleurs Ronan. Nous sommes dans notre rythme et il va falloir enchaîner. C’était une belle journée de reprise et nous sommes dans le bon wagon ! »

Désormais, alors que la nuit tombe sur le premier bivouac de ce Dakar, il est déjà l’heure de s’économiser et veiller à bien se reposer. Ce lundi, 367 km de spéciale seront au programme et les « roadbooks » – l’ensemble des annotations lu par les copilotes – ne seront délivrés que le matin, contre la veille de l’étape habituellement. « Avec Gilles, on a toujours travaillé à « l’ancienne » et au feeling donc il n’y aura aucune appréhension ! »

*Classement encore provisoire

L’ŒIL DE… GILLES PILLOT

« En matière de navigation, je m’attendais à une étape un peu plus corsée. Il y avait pas mal de caps à suivre, ce qui est exactement ce que nous avions demandé à David (Castera) à l’issue du rallye du Maroc. En revanche, sur ces terrains, il faut être constamment très vigilant et se fier à son intuition. On a toujours tendance à suivre la poussière des autres et c’est ce qui explique nos deux petites erreurs. Mais demain est un autre jour. Aucune inquiétude à avoir ! »

LA PROCHAINE ETAPE / Al-Wajh – Néom

Certes, cette deuxième étape est sensiblement similaire, en matière de distance, à la première (367 km contre 319 km). Si elle longe également les rives de la mer rouge vers le nord, cette spéciale devrait être davantage roulante. Peu de difficultés au programme mais des pistes très rapides. Il conviendra de conserver les bons caps et ne pas se perdre avec la multitude de traces sur la piste afin de rejoindre sans encombre le bivouac de la 2e étape à Neom. Si l’endroit a un nom, il s’agit surtout d’une cité future, un projet pharaonique voulue par le Prince de 26 000 m2 dont une partie des travaux devraient s’achever en 2025. Les pilotes, eux, n’y verront – pour l’instant – que du sable.