Englué derrière les camions et leurs nuages de poussière pendant une grande partie de la spéciale, le duo termine 23e de l’étape et pointe au 15e rang au général. 
 
Ils ont repris la route, bien décidés à en découdre. Au lendemain du décès du pilote moto Paulo Gonçalves et après un moment de recueillement dimanche soir, seuls les autos et les camions se sont élancés dans l’étape du jour, une longue boucle de 477 km autour de Wadi Al-Dawasir. 
 
Maudites crevaisons
 
Ce lundi, Ronan Chabot et Gilles Pillot n’ont pas été épargnés. Au km 35, ils sont victimes d’une crevaison. Le temps de remettre une roue neuve, des voitures mais surtout des camions – des Kamaz – les dépassent. « On a été dans leur poussière pendant environ 300 km », souligne Ronan Chabot. Le scénario change alors diamétralement. « C’était impossible de les doubler dans les canyons. Finalement, nous parvenons à en dépasser deux. Mais en se rapprochant du premier, nous sommes à nouveau victime d’une crevaison. » 
 
Un peu plus tard, alors que la fin de la spéciale approche, Ronan et Gilles profitent d’une portion rapide pour dépasser le convoi de camions. La suite est plus agréable avec un majestueux cordon de dunes à traverser. « Techniquement, c’était costaud et on a bien roulé », poursuit Ronan. Mais le pilote regrette d’avoir dû composer autant avec l’ardeur des camions. « C’est vraiment dommage parce qu’on a très bien roulé, avec un bon rythme ». Au classement de l’étape, l’équipage Overdrive signe le 23e temps et reste dans le « top 15 » au général (15e à 3 h 35 min 55 sec). La 10e place pointe désormais à 28 min de Ronan et Gilles mais le Dakar est encore long puisque quatre étapes attendent les concurrents avec beaucoup, beaucoup de désert au menu. 
 
L’ŒIL DE… Gilles Pillot, co-pilote
« La spéciale était plus agréable et plus belle que les deux précédentes qui nous avaient un peu laissées sur notre faim. Il y avait beaucoup de secteurs rapides et un peu de franchissement de dunes à la fin. La voiture était relativement saine et surtout plus agréable en matière de comportement. Malheureusement, on a crevé au km 32 et on s’est retrouvé englué dans le trafic des camions, jusqu’au km 320. C’était impossible de doubler ! Une fois qu’on les avait enfin dépassés, on a retrouvé notre rythme et on a fait une bonne fin de spéciale. C’est dommage mais le Dakar continue ! » 
 
 
AU PROGRAMME DEMAIN – Wadi Al-Dawasir – Haradh
 
Attention, sensations fortes garanties ! Mercredi, les concurrents vont attaquer la traversée de l’« Empty Quarter » (le quart du vide), l’étendue de sable la plus vaste au monde. Mais avant de découvrir ces paysages dignes des 1001 nuits avec leurs dunes à perte de vue, ils devront regagner le Nord au cours d’une spéciale longue de 410 km qui s’annonce roulante, rapide et parfois cassante. Dès le lendemain, place donc à des cordons de dunes à foison, une occasion en or pour Ronan et Gilles de tirer leur épingle du jeu.