À l’issue de l’étape la plus éreintante physiquement, le duo est resté dans le bon tempo en signant une 16e place, ce qui leur permet de rester à proximité du « top 10 » au général (12e). 
 
C’est une de ses habitudes quand il rentre au bivouac. Ronan Chabot s’assoit en tailleur sur la large ridelle de son camion d’assistance. C’est le temps pour souffler, regarder un peu le téléphone et retrouver la terre ferme. Il faut du calme, surtout après une journée aussi éprouvante physiquement. Les 353 km de la spéciale de ce jeudi, entre Al Ula et Ha’il, n’avaient rien d’une promenade de santé. Des gros plateaux rocheux à traverser puis d’impressionnantes vallées à traverser et, surtout, des kilomètres à n’en plus compter dans « l’herbe à chameaux », cette herbe folle qui pousse dans le sable et a le don de piéger les concurrents.
 
« Physiquement, c’était dur » 
 
Il convenait donc de résister et de s’évertuer à ménager la mécanique comme les organismes. Ronan Chabot : « la moitié du temps, la voiture avait l’arrière en l’air. On s’est fait brasser comme jamais pendant de longs kilomètres. Physiquement, c’était dur. Les buggys ont pu tirer leur épingle du jeu parce qu’ils ont plus de débattement, ils sont moins lourds et ils peuvent s’adapter au type de terrain ». Il y a eu aussi, sur le parcours, de longues descentes qui tutoyaient parfois les 100 mètres. « C’est assez dangereux, on descendait pratiquement à la verticale ».
La journée ? Du « casse-voiture », souligne Ronan Chabot.
 
« Il fallait faire la journée et on l’a terminé, lâche-t-il.  On a fait le job, sans prendre de risque, tout en faisant attention à préserver la voiture. Chaque choc finit toujours par se payer et il s’agit avant tout d’une course d’endurance ». D’un point de vue comptable, la journée a offert une satisfaction : en terminant 16e de l’étape, le duo Chabot-Pillot gagne une place au général et se hisse au 12e rang. Ils comptent désormais moins de 5 minutes de retard sur le « top 10 », l’objectif idéalisé, celui qu’ils avaient réalisé l’an dernier. 

Ronan Chabot et Gilles Pillot sont donc dans les temps et l’avenir s’envisage avec le sourire : à partir de demain, les concurrents vont devoir manœuvrer en grande partie dans du sable, annonçant une seconde semaine où le désert sera roi. Plus que jamais, les deux amis sont dans les starting-blocks pour en découdre. 
 
 
L’ŒIL DE… Gilles Pillot, copilote
 
« C’était dur aujourd’hui. On a eu 200 km d’herbes à chameaux non-stop avec peu de répit. Ce n’était vraiment pas évident. Après 35 km suite à la neutralisation, on a décidé d’arrêter et de dégonfler un peu les pneus. Ensuite, on est reparti pour essayer de finir le mieux possible. En navigation, il fallait surtout bien suivre les caps, d’autant qu’on était dans de grandes vallées. Même si on partait trop à droite, on pouvait revenir. Il n’y avait pas de rocher, ni de falaise comme les jours précédents mais il fallait rester vigilant ».  
 
AU PROGRAMME DEMAIN – Ha’il – Riyad
 
Pour une fois, rejoindre la capitale est synonyme de repos et de farniente. Ce n’est pas toujours le cas mais ça l’est sur ce Dakar : demain soir, les concurrents seront à Riyad et ils pourront enfin souffler. Samedi, place en effet à la journée de repos qui fera du bien aux organismes comme aux machines. Mais avant, il y aura 830 km à parcourir dont 478 km de spéciale. Et le décor va changer : fini les pierres et les plateaux rocheux, place à de longues et impressionnantes étendues de sable à perte de vue. Ronan et Gilles apprécient les déserts de sable : ils seront servis !