Ronan Chabot et Gilles Pillot sont à nouveau venus à bout du Dakar. Malgré les galères qui les ont privés du « top 10 » (23ème), ils peuvent savourer le fait d’avoir conclu la 1ère page du chapitre saoudien, eux qui ont déjà brillé sur les pistes africaines et sud-américaines.

A chaque Dakar son histoire, ses péripéties, ses moments de joie et d’exaltation. Cette édition 2019 n’a pas dérogé à la règle même si tout a changé : le pays, les panoramas, les spéciales et le scénario. Ronan et Gilles ont fait preuve à nouveau de constance qu’un souci mécanique, en milieu de semaine, est venu perturber. Mais la galère d’un jour a révélé tant d’autres aspects : la solidarité et la ténacité d’un duo capable d’avaler plus de 200 km de pistes au cœur de la nuit, l’abnégation de toute une équipe et la capacité à se relancer et à rebondir. En l’espace de 12 jours et 7 800 km parcourus, c’est un pays qui a défilé devant leurs yeux et des souvenirs qui viennent s’agglomérer à tous les autres. Ronan et Gilles sont des habitués et pourtant les sentiments de l’arrivée s’entremêlent entre émotion, satisfaction et pointe de nostalgie. Avant de penser à l’après, il faut savourer que le moment se fige enfin, que la course-contre-la-montre s’achève par des accolades et des sourires. En homme heureux et enthousiaste, Ronan revient sur cette aventure haute en couleur. 

LE SENTIMENT GÉNÉRAL.

« Nous avons vécu un ‘vrai’ Dakar et fait le plein d’émotions. Certes, il y a eu cette galère qui nous a retardé un peu. Mais avec Gilles, on a l’habitude de dire que si la voiture est coupée en deux, on prendra chacun un morceau pour aller jusqu’à l’arrivée. Humainement, c’était à nouveau très fort : on a toujours à cœur de retrouver toute l’équipe Overdrive. Là, c’est la délivrance après une année de travail. Pour nous, ce Dakar a été assez féérique ! » 

L’EPREUVE.

« On vient sur cette épreuve pour l’aventure et on l’a retrouvé ici. C’est un nouveau Dakar, un nouveau format, un nouveau terrain de jeu. Cette édition a été très bien organisée avec une nouvelle direction à la tête de l’épreuve. L’arrivée de David Castrera comme patron du Dakar a apporté un nouveau souffle parce qu’il a été pilote, copilote et qu’il sait très bien ce qu’on vit pendant la course. On prend toujours autant de plaisir à participer au Dakar. »

LE RESULTAT.

« Cette 23ème place est à analyser positivement : on n’aurait pas eu d’ennuis, on finirait aux portes du ‘top 10’. On n’y serait pas rentré parce que la concurrence était rude avec les buggys et les Toyota – de nouvelle génération – qui trustent les premières places. Sur les pistes très rapides qu’on a eu l’occasion de parcourir, on a 200 kg de plus que les autres, pas le même centre de gravité, un moteur différent… Ce sont des caractéristiques techniques qui font la différence. Aujourd’hui, il ne peut y avoir ni regret, ni frustration. » 

« Cette aventure humaine fait partie de mon équilibre »

LA SOLIDARITÉ.

« Se serrer les coudes, s’entraider et tout donner pour l’autre, ce ne sont pas des concepts sur le bivouac. On l’a vu à l’œuvre quand nous sommes rentrés après avoir fait des tonneaux. Notre équipe et de nombreux mécaniciens de chez Overdrive se sont relayés toute la nuit pour réparer la voiture. C’est une chaîne de compétence incroyable qui se met en place et qui fait tout pour qu’on puisse rouler. Ils ont fait un travail incroyable ! Nos mécaniciens, ils forment une famille qui se prépare tout au long de l’année. C’est grâce à eux que nous en sommes là aujourd’hui. »

LA DÉCOUVERTE.

« On a découvert un nouveau pays et en matière de paysages, c’était vraiment splendide. Pendant 12 jours, on a eu la chance de traverser des paysages exceptionnels, une nature préservée, brute et fascinante. Il y a eu la remontée des rives de la Mer Noire et ses eaux turquoises, les canyons dignes du Colorado, les secteurs caillouteux rappelant les sentiers de l’Argentine et puis les déserts intacts et les dunes exceptionnelles de l’ « Empty quarter » qu’on a traversé hier. Il y a des dégradés de couleurs avec le soleil qui sont fabuleux. Ce n’est pas forcément à raconter, c’est à voir et à vivre. »

LE DAKAR, LE BAROMETRE.

« Avec Gilles, on se disait dans la voiture qu’il n’y a pas un Dakar qu’on a oublié. Nous savons exactement ce qui s’est passé à chaque édition. Je pense que le pire dans une vie, c’est une année où on n’a pas de souvenir. Le Dakar fait presque office de repère : on commence l’année par ça et on ne s’en lasse pas ! » 

L’ENTREPRISE AU CŒUR.

« J’organise et je consacre ma vie autour de mon entreprise. Le Dakar, c’est le seul moment où j’arrive à couper parce qu’on rentre dans un monde à part, un autre quotidien. Cette aventure humaine fait partie de mon équilibre. Lorsque je reviens, j’ai toujours un œil neuf sur ce que je fais, ce que je suis. C’est souvent dans les semaines qui suivent le Dakar qu’on prend les meilleures décisions. Moralement, on est en pleine forme. »