Lors d’une étape au cœur des dunes, Ronan et Gilles ont profité de la conduite et de la navigation. Ils verront l’arrivée, demain soir, et une certaine forme de nostalgie s’installe déjà.

Le temps est une matière particulière au Dakar. Il est trop court souvent, s’étire parfois et n’est jamais malléable. Il faut apprendre à l’apprivoiser sans le dompter, ni le regarder filer. Les journées ne font pas 24 heures ici, elles s’étirent d’un bivouac à un autre et ne s’arrêtent que lorsque les mécaniciens ont posé leurs outils au sol. L’ensemble est détonnant car tout semble filer à vive allure. « C’est déjà le dernier soir au bivouac, assis sur la ridelle de notre camion, sourit Ronan Chabot. On se prépare à une course très longue et les journées sont si riches que tout va trop vite ! » Cernes creusés, sourire aux lèvres : il est assis en tailleur pour reprendre le fil de la 11ème étape, 379 km de spéciale entre Shubaytah et Haradh.

Des panoramas « splendides »

Cela avait débuté par un réveil en début de matinée dans les dortoirs de l’étape-marathon, à Shubaytah. « L’ambiance était un peu colonie de vacances », s’amuse Ronan. « C’était une belle journée parce qu’elle était 100% sable, poursuit-il. On n’a pas pris de risque, on a assuré et on a roulé normalement, sans attaquer outre-mesure », confie-t-il alors que le duo pointe au 24ème rang au général. Surtout, ils ont pu profiter d’un endroit à part, l’« Empty quarter » (le quart du vide), l’étendue de sable la plus vaste au monde. « C’était splendide avec des dégradés de sable, des couleurs intenses pendant toute la journée. Heureusement qu’il y a des photos et des vidéos pour en restituer l’intensité ! »

Certes, il reste une ultime journée demain et les consignes de prudence sont toujours aussi nombreuses à ce moment-là du Dakar parce qu’il serait trop bête de ne pas être de la fête au podium final. Malgré tout, « les images commencent à défiler », souligne Ronan Chabot, à propos de « ce nouveau Dakar » et de ce « terrain de jeu incroyable ». « On fera le bilan demain ! », promet-il. Avant, il reste une ultime soirée au bivouac et les discussions avec les mécaniciens et les autres pilotes seront un peu plus longues, les accolades plus chaleureuses et l’air un peu plus doux. Demain, l’aventure touchera à sa fin.

L’ŒIL DE… Jean-Marc Fortin, patron d’Overdrive

« Ronan et Gilles ont fait une très belle prestation globale. D’une certaine manière, il n’y a qu’une étape à hypothéquer sur l’ensemble de leur Dakar. Ils ont été bien placés jusqu’à l’étape de repos. Après, il y a eu beaucoup d’étapes de vitesse, ce qui ne leur a pas permis de tirer leur épingle du jeu, eux qui sont davantage à l’aise avec beaucoup de navigation. L’an dernier, ils ont fini dans le « top 10 » et personne ne leur enlèvera cette prestation exceptionnelle. Ce Dakar a également montré à quel point ils savaient être combatifs et ne rien lâcher ! »

AU PROGRAMME DE DEMAIN– 12ème étape

Certes, il faudra être vigilant tout au long des 374 km de spéciale et des portions propices à la navigation. Mais cette 12ème étape est surtout la dernière et tous les concurrents auront à cœur de ménager leur machine pour arriver au bout. Le challenge est alléchant : s’offrir une arrivée à Qiddiyah et conclure ce Dakar. S’en suivra une spéciale de 20 km puis le traditionnel podium : derniers instantanés pour Ronan et Gilles de deux semaines de compétition particulièrement riches en émotions.