Pour leur 17ème Dakar, Ronan Chabot et Gilles Pillot sont prêts à en découdre, eux qui apprécient tant les dunes péruviennes.

Le pas est déterminé, le regard alerte et un large sourire barre son visage. En ce dimanche matin, sur la base militaire de Las Palmas, Ronan Chabot arbore les traits d’un homme enthousiaste. « Il y a toujours un sentiment ambivalent à quelques heures du départ, entre l’excitation et une pointe d’appréhension », sourit le pilote vendéen. Pour l’heure, il doit s’astreindre avec Gilles Pillot, son copilote, aux vérifications administratives et techniques.
Muni d’un carton à faire tamponner par les différents départements de l’organisation, il faut se montrer patient et en profiter, aussi, pour saluer tous ceux que l’on ne croise qu’au Dakar. Ensuite, direction le tarmac de la base, un long serpent de béton quadrillé par les montagnes qui entourent Lima.

Là, les commissaires contrôlent la Toyota Hilux aux couleurs bleu-blanc-rouge garée aux côtés du pick-up de Nasser Al-Attiyah. Déjà, l’heure est à la concentration et les pensées sont dirigées vers les 84 kilomètres de spéciale qu’il faudra parcourir ce lundi, entre Lima et Pisco, avec ses premières zones de dunes et son cortège d’incertitudes. Ce Dakar est un ovni par rapport aux éditions précédentes : plus court (10 étapes contre 14), plus dense (5 600 km dont 2 900 km de spéciales) et composé quasi-exclusivement de sable. Mais le duo Chabot-Pillot est loin d’être décontenancé par ce format atypique, la première édition de l’histoire du Dakar à se tenir dans un seul et même pays. C’est en effet sur ces terres péruviennes, en 2013, qu’ils avaient signé leurs meilleures prestations au Dakar avec des podiums lors des étapes, une 3ème place au général le temps de quelques jours et une arrivée en 7ème position. Ronan et Gilles espèrent rééditer l’exploit et ajouter un nouveau chapitre à leur riche histoire commune sur le plus éprouvant des rallyes-raid.

Ronan Chabot : « On a hâte d’être sur la ligne de départ avec le clignotant qui passe au vert ! Nous commençons à bien connaître la voiture, on apprécie beaucoup de rouler dans le sable et on a la chance d’être dans une équipe très sympa (Overdrive). Il y a toujours une boule au ventre avant le départ, même après 16 participations. Cette année, je suis content d’être bien reposé, prêt à affronter la dureté de l’épreuve. Chez RCM, le Dakar fait partie de notre histoire commune. C’est le vrai exutoire de mon année, le seul endroit où je coupe vraiment. Tous les collaborateurs savent qu’avec un Dakar réussi, on est très en forme pendant les trois mois qui suivent ! »

Gilles Pillot : « Cela fait un an qu’on attend ça, vivement le départ ! On aborde la course avec sérénité et confiance. En participant à 16 Dakar, nous savons exactement comment fonctionne l’autre à bord de la voiture. Partager ce type d’aventures ne peut que laisser de très beaux souvenirs et consolider notre amitié. On réussira notre Dakar avant tout si on a pris un maximum de plaisir, au-delà de la performance sportive pure. Si on arrive en plus à se hisser dans le « top 10 », ce serait un super Dakar. » 

En quoi consistent les vérifications techniques et administratives ?
Chaque jour, Gilles Pillot explique les spécificités du Dakar

« Les vérifications administratives ont lieu dans un grand bâtiment qui réunit de nombreux départements liés à la course : la comptabilité, le service médical, l’assurance… On a un tampon qui valide chacun de ces aspects. Ensuite, nous avons trente minutes pour rejoindre les vérifications techniques sur le tarmac. On y va avec la voiture et nos équipements afin de s’assurer que tout est conforme avec la réglementation. On bénéficie d’un ultime tampon, c’est le sésame qui valide notre participation. Après, les voitures sont regroupées dans le parc fermé et on n’a plus le droit d’y toucher jusqu’au départ de la course. »

RONAN ET GILLES PAR… Stéphane Peterhansel 
 
« Ils ont beaucoup d’expérience en rallye-raid. Ronan fait partie des meilleurs ‘gentlemen drivers’ dans le sens noble du terme.  Il a une conduite sûre, sereine, et il est très à l’aise dans les dunes. Ronan est capable de faire un ‘top 10’ assez facilement. »