Étape 10 : Pisco > Lima
Liaison > 247 km – Spéciale > 112 km

Les yeux embués, le sourire en bandoulière, Ronan Chabot et Gilles Pillot ont conclu le Dakar à la 10ème place du général. Contrat rempli et plaisir garanti !

Il y a parfois des moments où le temps file sans que l’on puisse profiter de chacun de ces instants. En franchissant la dernière dune vers le bivouac de Pisco, en s’engouffrant dans la foule et en coupant la ligne d’arrivée au cœur d’une matinée brûlée par le soleil, Ronan Chabot et Gilles Pillot ont vécu un cocktail de sensations aussi ébouriffant que leur dernière journée sur les pistes. La délivrance est nourrie par la joie, la fatigue est fouettée par les embrassades, le relâchement n’est plus un ressenti espéré mais une certitude à laquelle il faut donner une place.

Il y a un vertige à se dire que cette parenthèse va bientôt se renfermer, que la cérémonie sur le podium de Lima dans la soirée (après 200 km de liaison avalés dans l’après-midi) et le repas bien mérité seront les derniers souvenirs d’ici. Pendant cette poignée d’heures où tout se mêle, on s’accroche aux derniers faits de course comme les ultimes instants d’une aventure qui vient à peine de s’achever. Ronan et Gilles n’ont pas eu de mal à le faire car l’histoire qu’ils ont écrit est belle. 9ème de la dernière étape, du désert en dessert pendant 80 km, le duo termine 10ème du général à seulement cinq secondes de leur premier poursuivant, le Lituanien Benediktas Vanagas (Toyota). Décidément, un rallye-raid ressemble aux sensations humaines : il tient toujours sur un fil.

Ronan Chabot : « On savait qu’il fallait faire attention à cette dernière spéciale. Cela signifie tellement de choses de terminer un Dakar qu’il y avait forcément de l’appréhension avant de s’élancer. La bataille à distance pour conserver notre place dans les 10 premiers a été intense. À l’arrivée, tous nos mécaniciens étaient là, c’était très émouvant. Il s’agit de la conclusion d’un an de travail et d’investissement. On bosse toute l’année et là c’est une joie collective. Nous faisons le Dakar pour vivre ces moments-là. En plus, nous terminons ce Dakar à une superbe 10ème place : hormis Stéphane Peterhansel, toutes les têtes d’affiche sont devant nous. »

Gilles Pillot : « Il a fallu batailler pour rester dans le ‘top 10’. On a dû rouler sur un rythme élevé pour conserver notre position. Malheureusement, on a perdu un peu de temps en se posant sur une crête. À l’arrivée, on est 10ème  et c’est une réelle satisfaction. Nous étions venus pour ça ! Aujourd’hui, il y a beaucoup d’émotion parce qu’on a vécu cette aventure intensément. Finir juste derrière tous les pilotes d’usine, c’est une superbe performance ! »

Jean-Marc Fortin : « Je suis très heureux pour Ronan et Gilles. Ce sont des combattants, des hommes qui connaissent la rudesse du désert et la difficulté du Dakar. Ils ont fait un Dakar à leur image : ils l’ont construit patiemment, ont résisté aux rebondissements et ont su hisser leur niveau. Nous savions depuis le début qu’ils avaient toutes les qualités pour intégrer le ‘top 10’ et ils ne nous ont pas fait mentir. Terminer 10ème à 5 secondes rend leur Dakar encore plus beau. Bravo à eux ! »