Le Pérou est une destination dont Ronan Chabot et Gilles Pillot gardent de sacrés souvenirs. En 2013, pour la seule fois jusqu’alors où le Dakar s’élança depuis Lima, l’équipage Toys Motors pointait au troisième rang après deux étapes dans les magnifiques dunes locales, pour terminer finalement septième, son meilleur résultat absolu sur l’épreuve reine du rallye-raid. D’où son enthousiasme à l’idée de retrouver dès le 6 janvier 2018 ces immenses cordons de sable pour les cinq premières spéciales qui s’annoncent déjà déterminantes.

Pour la quarantième édition de son épreuve, ASO (l’organisation du Dakar) a en effet décidé de renouer avec ce goût de l’extrême qui fit tant aimer la discipline à nos deux aventuriers au long cours, et concocté un tracé qui sillonnera le Pérou donc, mais aussi la Bolivie puis l’Argentine, avec une arrivée le 20 janvier à Cordoba.

Classés parmi les « Légendes », un privilège réservé à ceux qui ont plus de 15 départs au compteur, Ronan et Gilles, qui en seront à leur seizième Dakar ensemble, pourront compter sur leur immense expérience, leur amitié également, pour espérer venir à bout d’un cru particulièrement corsé. D’autant qu’ils en seront à leur troisième saison aux commandes du Hilux Toyota France Compétition aux couleurs PRB, qu’ils connaissent bien désormais. Un Hilux encore revigoré pour l’occasion avec l’adoption d’une bride d’admission de diamètre supérieur et de débattements de suspensions accrus, pour mieux négocier les nombreux obstacles au programme. Avec une 4e place sur la Baja de Dubai en mars dernier, et des performances de premier ordre signées ensuite sur la Baja italienne, et le Rallye du Maroc, ils sont parés au défi !

« C’était grisant de se retrouver ainsi à jouer les tous premiers rôles à l’entame du Dakar 2013, se remémore Ronan Chabot. Autant dire que nous sommes particulièrement heureux que l’organisateur ait tenu compte des souhaits des concurrents de revenir à plus de sable. Le parcours 2018 correspond davantage à la conception que l’on se fait de la discipline, et à nos qualités de baroudeurs aussi. Nous ne sommes peut-être pas les plus rapides sur les pistes typées WRC, en revanche dès lors qu’il faut prendre des trajectoires un peu spécifiques dans les dunes et naviguer en suivant des caps, nous savons tirer notre épingle du jeu ! Si l’on y parvient et que l’on passe également au travers des embuches, on peut viser un top dix. On a hâte d’y être ! »

« La bande de sable qui sépare le Pacifique de la Cordillère des Andes n’est pas excessivement large, précise Gilles Pillot, on devrait donc passer à des endroits déjà connus. Il faudra être malin sur ces étapes péruviennes pour arriver dans le bon wagon en Bolivie, sinon on va se retrouver à s’élancer toutes les trente secondes, donc dans la poussière des concurrents précédents. Sans visibilité, une erreur est vite arrivée dans les nombreux lits de rivières asséchées que l’on traverse. Il faudra également bien gérer l’étape marathon sans assistance, quitte à ménager la voiture sur la première journée, pour ne pas avoir à trop mécaniquer à l’arrivée à Uyuni…la forte altitude met déjà les organismes à rude épreuve. Car le lendemain, il y a encore près de cinq cent kilomètres de spéciale jusqu’à Tupiza. Enfin, l’étape argentine de Belen-Chilecito, et ses langues de sable de Fiambala, sera sans doute le dernier gros morceau avant l’arrivée. »

Avec le début des vérifications administratives et techniques programmé dès le 3 janvier à Lima, Ronan et Gilles commenceront à se plonger dans l’atmosphère particulière de cette course mythique, avant le grand départ prévu le 6 janvier.