Une bonne dose d’excitation et un soupçon d’appréhension : malgré leur importante expérience, voilà ce que ressentent Ronan Chabot et Gilles Pillot, à la veille d’entamer leur seizième Dakar ensemble. Cette année en effet, pour la quarantième édition de la course, il n’y aura pas de round d’observation. Avec les impressionnantes langues de sable péruviennes d’emblée au programme, les concurrents vont immédiatement être confrontés à des difficultés de taille. Au sens propre comme au figuré ! D’où la nécessité de les aborder avec humilité. Au menu : une navigation compliquée dans des dunes réputées pour être mal « rangées », avec une visibilité pas toujours évidente en raison d’un brouillard tenace, et de gros risques d’ensablement. Mais ce n’est pas pour déplaire à l’équipage Toys Motors, dont le meilleur Dakar remonte à 2013, soit la seule fois jusqu’alors où l’épreuve reine du rallye-raid s’était élancée de Lima. Arrivés mercredi soir dans la capitale du Pérou, Ronan et Gilles ont pu reprendre leurs marques hier matin avec leur Toyota Hilux aux couleurs PRB, à l’occasion d’une séance d’essais organisée dans les dunes. L’opportunité pour eux de retrouver leurs automatismes et de peaufiner les derniers détails de préparation. Et après avoir satisfait aux traditionnelles vérifications administratives et techniques, entre autres briefings, l’heure sera déjà au grand départ demain ! Pour débuter les hostilités, trente et un kilomètres de spéciale les attendent entre Lima et Pisco.

« C’est vrai que ce n’est pas un départ comme les autres, analyse Ronan Chabot. D’ordinaire, il y a deux ou trois premières spéciales qui permettent de monter progressivement en température. Or là on s’attaque directement à des dunes, pour une semaine, et pas n’importe lesquelles en plus ! Elles se jettent dans le Pacifique et sont littéralement grandioses. Cela nous promet du vrai rallye-raid d’entrée, dans un décor magnifique, avec des étapes qui s’annoncent très éprouvantes physiquement. Mais avec Gilles, on est préparés à ça et on tire généralement bien notre épingle du jeu dans ce genre de journées. Je suis ravi en tout cas d’avoir pu effectuer ma séance d’essais d’avant course dans le sable, car il n’est pas toujours évident de trouver un terrain de jeu représentatif à la veille du départ. Les réflexes sont vite revenus, d’autant qu’avec la Baja Dubai puis le rallye-raid du Maroc, nous avons pas mal couru sur pareil terrain meuble cette année. Maintenant, il n’y a plus qu’à ! »