Thierry Henriot, chef d’atelier Toyota Toys Motors, Les Sables d’Olonne (Vendée)

Participer au Dakar est une chance

thierryLe plus expérimenté des techniciens du Team PRB Opteven SMG sera à nouveau présent cet hiver aux côtés de Ronan Chabot et Gilles Pillot. En charge de la maintenance du buggy n°320, Thierry Henriot affiche à son actif une douzaine de Dakar et une coupe du Monde de rallye-raid.

Mécanicien historique de l’équipage Chabot-Pillot, le chef d’atelier de la concession vendéenne Toyota Toys Motors a gravi tous les échelons de la profession depuis son apprentissage à 14 ans. Du service compétition du constructeur japonais aux 24 Heures Tout-Terrain de Paris, Thierry Henriot (46 ans) sera une fois encore présent sur le prochain Dakar. « La course a débuté par une séance d’essais au Maroc cet automne, explique t-il. Nous avons pu affiner les réglages du buggy, et nous familiariser avec ses dernières évolutions. »

Au cœur d’une équipe de trois techniciens issus des concessions Toyota Toys Motors de La Roche-sur-Yon et des Sables-d’Olonne, et Mercedes-Benz SAGA de Villeneuve-d’Ascq, il veillera sur la bonne destinée du coléoptère aux couleurs de PRB et d’Opteven. « Nous sommes des passionnés. Nous échangeons avec Ronan et Gilles à leur arrivée au bivouac, et on se concerte entre mécaniciens », explique Thierry Henriot à l’aube de son 13e Dakar. En passant de la catégorie Production en Toyota Land Cruiser au buggy SMG, « l’équipage comme l’assistance a dû effectuer un nouvel apprentissage, en terme de pilotage comme de maintenance », reconnaît encore l’intéressé.

« Une course magique »

Aux soins du buggy n°320 chaque soir pendant les deux semaines de compétition, il précise : « la révision quotidienne demande entre 4 et 5 heures de travail. » Avec en point de mire l’étape marathon en Bolivie, suivie de la journée de repos synonyme de maintenance générale. « Le Dakar reste l’une des plus belles courses au monde. L’épreuve est exigeante, elle met à rude épreuve les organismes », poursuit Thierry Henriot, également présent en 2008 sur le rallye Saint Pétersbourg-Pékin. Outre l’aspect mécanique, « il faut aussi gérer la fatigue, l’hydratation, l’aspect humain… ». Une leçon d’humilité en somme.

Car si le rallye-raid véhicule aujourd’hui encore « un esprit d’équipe et d’entraide », l’émotion et l’adrénaline invitent à poursuivre l’aventure. « Le Dakar demeure une course magique. » La double victoire de l’équipage Chabot-Pillot en Amérique du Sud en catégorie deux roues motrices en témoigne, tout comme le titre décroché en coupe du Monde de rallye-raid*.

*2005, sur Toyota Land Cruiser, en catégorie Production.

 

Willy Vauchel, technicien après-vente, SAGA Mercedes-Benz Lille (Nord)

Jamais je ne pensais participer au Dakar !

 

saga photo willy Dakar 2015-1026saga

Du rêve à la réalité, Willy Vauchel s’apprête à participer à l’aventure du rallye Dakar. Une première pour le jeune technicien lillois qui rejoindra l’équipe d’assistance du Team PRB Opteven SMG.

Des dunes marocaines à l’embarquement du buggy SMG n°320 au Havre, Willy Vauchel est entré de plein pied dans le 37e rallye Dakar cet automne. A l’aube de ses débuts en compétition, le technicien de Mercedes-Benz SAGA à Villeneuve-d’Ascq confie son impatience : « J’ai hâte d’y être ! Les essais au Maroc m’ont permis de découvrir le team et de m’intégrer à l’équipe. » Sous les conseils de Thierry Henriot et de Stéphane Chené, « mes tuteurs sur le rallye », le « bleu » de l’assistance PRB Opteven SMG partage son plaisir à l’idée de prendre part à la course. « Jamais je ne pensais pouvoir participer au Dakar. Je suivais jusqu’alors le rallye à la télévision. Pour moi, la compétition était un domaine réservé à des professionnels spécialisés. »

« Le Dakar donne envie d’avancer »

A 34 ans, Willy Vauchel s’apprête donc à découvrir un autre monde. « Il s’agit d’une opportunité tout autant qu’une réelle source de motivation. Le Dakar constitue à mes yeux un vrai raid. Il est synonyme d’aventure humaine, de paysages hors du commun… ». Eloigné de son épouse et de ses enfants pendant trois semaines, il confie : « je souhaite pouvoir participer aux performances de Ronan Chabot et Gilles Pillot, et revenir avec des images et des émotions plein la tête. »

Pour le technicien lillois, l’enjeu est naturellement d’être à la hauteur de la confiance placée en lui. « Chaque jour sera différent. Les essais au Maroc m’ont apporté un premier aperçu du Dakar : l’adrénaline de la course et la découverte du buggy… ». Un nouvel apprentissage grandeur nature. « Participer au Dakar donne envie d’avancer. Le travail en concession et en sport-automobile est différent, mais l’un ne va pas sans l’autre : il y a une même approche d’équipe. »

 

Stéphane Chené, carroserier-peintre, SAGA Mercedes-Benz Cholet (Maine-et-Loire)

Le Dakar reste une grande aventure

20130118001412-8090f5a8

Affecté à la maintenance du buggy SMG de l’équipage Chabot-Pillot, Stéphane Chené assistera le team Chabot Pillot dans sa boucle sud-américaine de 9111 km au départ de Buenos Aires.

En rallye-raid, l’entretien préventif prend tout son sens. Présent chaque soir sur le bivouac, Stéphane Chené (46 ans) guettera cet hiver encore l’arrivée sur le stand du buggy SMG orange et blanc n°320. A l’aube de son 5e Dakar en Amérique du Sud, il explique : « les automatismes reviennent vites ! Il faut être efficace et anticiper les pièces et les outils dont nous avons besoin ».

Au cœur d’un balai savamment orchestré, « nous procédons à un contrôle visuel de nombreux éléments comme les trains roulants, les amortisseurs… Nous effectuons aussi une vérification des serrages. » Une course contre la montre aussi : « l’enjeu est de permettre à Ronan et Gilles de repartir à bord d’un buggy parfaitement révisé chaque matin ».

« Un défi sur soi-même »

Compétition de l’extrême pour les équipages et les assistances, le Dakar se révèle sans répit pour la mécanique. Sollicitées et torturées, certaines pièces telles que les transmissions et les cardans sont alors remplacées tous les deux ou trois jours. La boite de vitesses sera quant à elle changée lors de la journée de repos à Iquique au Chili, après l’étape marathon prévue vers Uyuni en Bolivie. « Le jour de repos est le plus dur pour les mécanos ! Nous devons réviser la voiture de A à Z », explique le mécanicien présent également sur le Silk Way Rally, en Russie.

Adepte du moto-cross, Stéphane Chené a d’abord travaillé à la préparation des camions d’assistance au sein de la concession Mercedes-Benz SAGA de Cholet. « Vivre la course de l’intérieur m’intéressait. Le Dakar constitue une source d’enrichissement sur le plan organisationnel et technique. » Carrossier-peintre de formation, Stéphane Chené a élargi à travers le rallye son savoir-faire à la mécanique. « Le Dakar reste une grande aventure. C’est aussi un défi sur soi-même, mais le plaisir est toujours là ! »