TROIS PAYS : ARGENTINE – BOLIVIE – CHILI

Pour sa 6ème édition en Amérique du Sud, le Dakar poursuit son exploration des territoires argentins et chiliens, en programmant une visite en Bolivie. Le parcours 2014 a été dessiné entre Rosario en Argentine et Valparaiso au Chili, avec la volonté d’éprouver les qualités d’endurance des pilotes et équipages du Dakar. Des aménagements sur le format des étapes sont imaginés pour favoriser la gestion de course et la stratégie.

Attirés par la découverte de nouveaux espaces, les organisateurs du Dakar ont été conquis par les paysages boliviens, à classer parmi les plus surprenants du continent. Le désir d’y emmener les concurrents de l’édition 2014 doit toutefois composer avec les contraintes géographiques et climatiques, qui compliquent la planification d’un séjour « classique » en Bolivie. C’est donc selon des modalités spécifiques que le Dakar franchira la frontière, avec une étape marathon dans le sud du pays. Sur ce format unique, qui pourrait ne concerner que les motos, le rallye expérimente un fonctionnement qui ouvre de nouvelles perspectives.

La fine connaissance de l’Argentine et du Chili permet de dessiner des étapes avec le sens du détail. Pour accentuer le caractère à la fois physique et stratégique qui constitue la base du rallye-raid, le Dakar 2014 proposera des spéciales plus longues, et des trajets de liaison réduits. Les particularités des pistes et des dunes du nord-ouest argentin obligeront les pilotes à une vigilance constante, et le désert d’Atacama devrait prendre un autre visage avec les contraintes qui y seront imposées aux véhicules. Avec plusieurs étapes marathon au programme, la gestion de la mécanique prendra une part encore plus importante dans la performance.

Les rayures bleues et blanches fièrement portées par les sélections de football ou de basket qui ont conquis le monde entier en s’imposant en coupe du monde ou aux Jeux Olympiques, ont commencé par s’imposer à Rosario. En pleine guerre d’indépendance, en 1812 précisément, c’est là que le général Manuel Belgrano a dessiné et hissé pour la première fois le drapeau argentin, reprenant les couleurs de la cocarde utilisée par les révolutionnaires qu’il menait. Depuis, la ville qui borde le Rio Parana sur sa rive droite a largement prospéré, bénéficiant d’une situation géographique favorable, à égale distance de Buenos Aires et Cordoba, les deux métropoles qui la devancent dans le classement par habitants.

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Pôle de communication et d’échange, Rosario a surtout gagné les cœurs d’Argentine et d’ailleurs grâce à quelques-uns de ses enfants. Le plus illustre d’entre eux reste Ernesto Guevara qui, bien avant de devenir le « Che », a vu le jour à Rosario. Bien plus tard, c’est aussi là qu’un jeune garçon nommé Lionel Messi avait tapé ses premiers ballons, notamment sous les couleurs du Newell’s Old Boys, un club pour lequel Diego Maradona avait également joué une poignée de matchs. L’accueil des pilotes et équipages du Dakar pendant les tous premiers jours de l’année 2014 donnera maintenant l’occasion à la ville de rentrer dans la riche histoire nationale des sports mécaniques, comme Buenos Aires et Mar del Plata.

Rosario et Valparaiso, ces deux cités portuaires, qui ont marqué l’histoire des échanges commerciaux à travers les siècles, chacune sur une des façades du continent, sont déjà civilement jumelées depuis près de vingt ans. Elles le seront sportivement grâce au trait d’union que le Dakar s’apprête à dessiner pour l’édition 2014. Depuis sa fondation au XVIe siècle, Valparaiso s’est développée sur sa vocation à l’échange, sa baie étant une des seules capables d’accueillir les navires les plus imposants sur cette partie du Pacifique. Dès lors, les marins et négociants de passage en ont fait une des cités les plus dynamiques dans le Chili des XVIIIe et XIXe siècles. Si son statut de halte obligatoire pour les bateaux en route vers le Cap Horn a été transformé par le percement du canal de Panama, Valparaiso a gardé en héritage de cet âge d’or une forte tradition culturelle.

Témoin de cette époque, le quotidien El Mercurio de Valparaiso, né en 1827, reste le plus ancien des journaux hispanophones encore édité. Et l’écrivain-militant le plus renommé du pays, Pablo Neruda, n’y a pas élu domicile par hasard durant de nombreuses années. Le charme des 44 collines qui dominent l’océan, plantées d’habitations colorées qui font la joie des peintres et des photographes, donne une personnalité unique à la perspective, qui vaut à Valparaiso le surnom de « Perle du Pacifique ». Les pilotes du Dakar, qui gardent forcément un souvenir ému de leur passage à Valpo pour la journée de repos de l’édition 2009, y connaîtront à coup sûr des frissons encore plus saisissants pour l’arrivée finale 5 ans plus tard