Salta – Tucuman

Etape 8 : 851 Km
Liaisons : 668 Km
Secteur sélectif : 183 km » »

Un triomphe sur les éléments !

Il fallait avoir le cœur bien accroché, hier, sur l’étape qui menait les concurrents de Salta à Tucuman, lieu de la journée de repos, aujourd’hui. Déjà, vendredi soir, les équipages avaient été informés, au briefing, qu’en raison de pluies persistantes dans la région, l’étape de ce samedi serait amputée de toute la première partie de spéciale, soit 155 km. Ronan Chabot et Gilles Pillot se présentaient donc au kilomètre 288, devenu point de départ de la spéciale du jour, après une longue liaison :

« Nous avons connu de belles spéciales dans les dunes, en début de rallye, mais je dois reconnaître que celle d’aujourd’hui était particulièrement belle, confiait à l’arrivée Ronan Chabot. Une grande variété de difficultés nous attendait, avec notamment du sable, de l’herbe à chameau et des traversées de rios asséchés. »

Seulement, ces rios n’allaient pas le demeurer bien longtemps, car le pluie faisait de nouveau son apparition, durant la spéciale, avec une telle intensité que les rios se remplissaient à vue d’œil.

« En début de spéciale nous avons rattrapé Lucio Alvarez puis nous sommes descendu dans des rivières asséchées mais qui, avec l’apparition de la pluie, se sont remplis extrêmement vite. Gilles m’a immédiatement fait remonter sur les berges car l’eau déboulait sur nous comme une vague. Plus loin nous sommes arrivés sur Novitskiy qui refusait de s’engager dans le gué. Après qu’il ait fait demi tour, nous avons pris notre élan et nous y sommes rentrés, en priant pour ne pas nous faire emporter par les eaux. »

Contraint de rester dans cet oued inondé, l’équipage Toy Motors n’avait d’autre possibilité que de continuer à avancer en prenant appuis de berge en berge :

« Heureusement nous suivions le sens du courant et parfois nous trouvions un petit îlot, au milieu du lit de la rivière en crue, se remémorait le pilote du buggy 316. C’était vraiment chaud, car les quatre roues motrices peinaient déjà à s’en sortir, alors nous en deux roues motrices ne pouvions que prier pour nous sortir de ce piège. De plus, notre capot avant projetait l’eau sur le pare-brise, ce qui rendait le pilotage quasiment aveugle. Heureusement, nous avons trouvé la sortie et pu filer jusqu’à l’arrivée de spéciale. La satisfaction était grande d’autant qu’avant l’épisode pluvieux, nous étions parvenus à prendre le meilleur sur des pilotes comme Giniel De Villiers ou Nani Roma.»

Sixième à l’arrivée de la spéciale, Ronan et Gilles venaient de réaliser une performance de tout premier ordre, au point de reprendre deux places au classement et de se placer quatrième du général.

Seulement, la direction de course intervenait et neutralisait l’étape, bon nombres de pilotes n’ayant pas réussi à dompter l’étape. Les commissaires décidaient donc d’attribuer à tous les pilotes classés au-delà de la troisième place du jour, le même temps forfaitaire de 2h07’. Une décision qui permettait aux principaux rivaux du buggy SMG de retrouver leur place au classement, malgré leur échec du jour.

« Cela signifie que l’on efface complètement la journée, c’est dommage, commentait sobrement Ronan. La politique sportive a pris le dessus. Je fais confiance au dicton ‘’bien mal acquis ne profite jamais’’ et je compte sur la deuxième semaine pour que nous prenions notre revanche.»

Toujours fair-play, Ronan Chabot ne manquait pas à son arrivée au bivouac de saluer la victoire du jour de Guerlain Chicherit, qui offrait par la même occasion, un premier succès en spéciale au team SMG, sur le Dakar :

« Bravo à Guerlain et à toute l’équipe de Philippe Gâche. C’est une belle récompense pour tout le travail fourni. C’est vraiment bien, d’autant que nous avons vécu une vraie belle journée de sport. »